Oran - A la une

Elle l'éborgne et écope de huit ans de prison



Elle l'éborgne et écope de huit ans de prison
Les faits remontent au 14 juin 2016, lorsque les services de police sont avertis de l'admission au CHU d'Oran d'une jeune fille grièvement blessée à l'?il gauche.C'est l'histoire de deux jeunes filles, parentes par alliance, qui, en raison d'un différend familial, ont vu leurs vies sombrer dans l'enfer. L'une, âgée de 24 ans, a perdu l'usage de son ?il gauche, et l'autre, 39 ans, devra purger une peine de 8 ans de prison pour avoir été l'auteur de l'éborgnement. Le tribunal criminel d'Oran qui a examiné cette affaire en fin de semaine dernière a eu toutes les peines du monde à séparer le bon grain de l'ivraie. La cause : une enquête policière incomplète, où les empreintes sur le manche à balai, instrument du crime, n'auraient pas été relevées, ni le recueil des dépositions des témoins oculaires. En tout cas, ces éléments n'ont pas été produits lors du procès.Les faits remontent au 14 juin 2016, lorsque les éléments des services de police sont avertis de l'admission, au CHU d'Oran, d'une jeune fille grièvement blessée à l'?il gauche. Celle-ci, B. Kheïra qui perdra finalement l'usage de son ?il déclarera avoir été frappée par la belle-s?ur de son oncle avec un manche à balai. Elle raconte que, agressé par sa belle-famille dans son logis, son oncle Bachir s'était réfugié chez son frère Houari, père de Kheïra.La blessée ajoute que, quelques instants après l'irruption de son oncle, elle avait entendu quelqu'un frapper violemment à la porte : "J'ai ouvert et j'ai immédiatement reçu un violent coup de manche à balai dans l'?il", racontera-t-elle plus tard à la cour, en éclatant en sanglots. Interpellée, la suspecte B. Amra présente une version très différente. Elle dit qu'elle se trouvait chez sa s?ur lorsqu'une altercation a éclaté entre son père, également présent, et son gendre Bachir. En voyant celui-ci s'apprêter à frapper son père avec un manche à balai, elle a tenté de l'arracher des mains de son beau-frère.Et c'est dans cette mêlée, qui a eu lieu dans la petite courette, que le bout du manche à balai s'est accidentellement enfoncé dans l'?il de la pauvre Kheïra qui se trouvait derrière son oncle.Lors du procès, l'accusée a maintenu ses déclarations et nié toute intention criminelle, parlant d'un accident.La victime, elle, est longuement revenue sur les circonstances du drame en insistant sur la détermination de l'accusée à la frapper. L'avocate de la partie civile a insisté sur le destin brisé de Kheïra, et le représentant du ministère public qui a opté pour le scénario de la victime a requis 10 années de réclusion criminelle.Les avocats de la défense, eux, se sont attardés sur les déclarations contradictoires des témoins proches de la victime qui, ont-t ils affirmé, "ont monté une histoire pour incriminer Amra". Après délibérations, la cour déclarera B. Amra coupable des faits qui lui étaient reprochés et la condamnera à 8 ans de prison et 3 millions de dinars de dédommagement.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)