L'espritcorporatif a fini par transcender les querelles intestines. Au-delà des nomsretenus par les urnes lors du 1er tour de l'élection du Conseil de l'ordre dubarreau d'Oran, qui s'est déroulé jeudi au siège de la Cour, la grande gagnanteaura été sans nul doute la profession d'avocat elle-même. Divisé par desconflits fratricides qui donnèrent naissance à des « clans », le barreau desavocats d'Oran a fait, jeudi, honneur à sa noble profession et son rang éminenten respectant scrupuleusement le jeu de la « démocratie ». A quelquesrarissimes points noirs qui ont émaillé le scrutin, l'opération électoralemenée, jeudi, par les robes noires s'est déroulée dans de bonnes conditions. Lasentence des urnes n'est tombée que tard dans la nuit, à l'issue dudépouillement qui a duré de bonnes heures.Aucun candidatn'ayant obtenu la majorité absolue, soit 548 voix, c'est le 2ème tour, prévu le3 janvier prochain, qui déterminera le nouveau bâtonnier et les 31 membres duConseil de l'ordre. C'est un ex-bâtonnier, Maître Benblal Abdellah, qui a glanéle plus de voix (526) sur un total de 1.096 voix, soit 47,99 %. Suivi endeuxième position de Me Nouar Boumedienne, qui a récolté 338 voix, soit 30,83%. Au troisième rang, Me Dallil Amokhrane, avec 323, soit 29,47 %. Le bâtonniersortant, Me Ouahrani El-Houari, quant à lui, est venu quatrième avec 322 voix,soit 29,37 % du total des voix, suivi de Me Fahim Hadj Habib et Me KamraouiAzzeddine, en position ex aequo avec 305 voix pour chacun. « Mis en délibéré »pour le 3 janvier, pour ainsi dire, le « verdict » des urnes peut se dessineravant la lettre par le crayon des alliances, qui sont du reste monnaie couranteen pareille situation. Pour les statistiques de ce 1er tour, auquel 195 avocatsdont 28 femmes se sont présentés candidats, ce qui est un record dansl'histoire du barreau d'Oran. Il est intéressant de savoir que sur les 1.675électeurs inscrits, 1.199 ont voté, soit un taux de participation de 71,58 %.Le nombre des suffrages exprimés a été de 1.096 tandis que 103 bulletins nulsont dû être écartés. Dès le coup d'envoi du scrutin, une marrée d'avocats aenvahi les couloirs du palais de Justice, où cinq bureaux de vote ont été mis àdisposition, équipés d'isoloirs et d'urnes en vitre. A l'entrée même du siègede la Cour, certains avocats n'hésitaient pas à apostropher les robes noiresfraîchement promues pour leur quémander leurs voix pour un candidat ami ouparent. Cette campagne électorale en plein vote a été perçue comme un acte peuorthodoxe par plus d'un, d'autant que le discours employé et les méthodes misesen oeuvre par certains « directeurs de campagne » pour plaider la cause de leurcandidat acclamé heurtait l'étique professionnelle, pour le moins qu'on puissedire. Aussi, le jeu des coulisses livré par certains, pas forcément despostulants à un siège au sein de l'instance, n'était pas de bonne guerre.Ceux-là ont d'ailleurs beau pêcher dans les eaux troubles, ils n'ont pas trouvéoreilles chez les avocats électeurs, qui ont placé l'intérêt du barreau et dela profession au-dessus de tout.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : H Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com