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'EL-MOGHANI' DE KASSEM HAOUL Sous les vapeurs de la dictature



'EL-MOGHANI' DE KASSEM HAOUL                                    Sous les vapeurs de la dictature
Aller voir un film et avoir la fâcheuse impression d'avoir vu tous les films, d'avoir tout compris est le sentiment qui traverse l'esprit de celui qui aurait assisté aux projections du Fofa. Les réalisateurs arabes ne parviennent pas à se délester des paramètres extérieurs à la création.
S'ils ne s'autoproclament pas 'briseurs de tabous', ils ont forcément un message à transmettre, voire une mission sur terre. Ils semblent également savoir exactement quels sont les besoins du public, mais au lieu de raconter une histoire, ils replongent le spectateur dans la réalité déjà très complexe, en la maquillant avec des symboles. Le cinéma dans ce cas ne peut être qu'engagé et l'émotion que fabriquée. En attendant des jours meilleurs, le Festival d'Oran du film arabe se poursuit. La compétition aussi. Samedi dernier, l'Irakien Kassem Haoul a présenté au public de la salle Essaâda son long métrage El-Moghani (le chanteur). Produit par la chaîne de télévision Arte, El-Moghani ' écrit au milieu des années 1990 par Kassem Haoul ' dessine le portrait d'un dictateur dans un Irak d'après-guerre. Dans une ville assaillie par le malheur et frappée par le désordre, le réalisateur place dans un somptueux palais un homme ivre de pouvoir et des protagonistes paralysés de peur.C'est l'histoire d'un dictateur (même s'il n'y a aucun trait de ressemblance, et même si son nom n'est pas prononcé, on pense automatiquement à Saddam Husseïn) qui s'apprête à fêter son anniversaire. Il demande (entre exiger et demander dans son cas, il n'y a aucune différence) à ce que l'on fasse appel au grand chanteur Bassel El-Basri. Sur le chemin qui le mène au lieu de la fête, la voiture du chanteur tombe en panne. Démarre alors un véritable périple dans Bassra, durant lequel Bassel El-Basri rencontre des personnages colorés et bons. Sur le lieu de la fête, c'est une autre réalité. Un deuxième temps dans le film. Un temps qui se décline lentement et emporte les personnages dans une réalité alternative effroyable, marquée par le silence. Les situations ubuesques s'enchaînent et la fin est dénuée de toute originalité. La linéarité de la narration, la théâtralisation du drame, les personnages sans fond (et avec beaucoup de fard) le symbolisent et les pathos ont altéré la profondeur du long métrage. En défendant son film lors du débat, Kassem Haoul a déclaré que El-Moghani est 'une analyse de l'idée de la dictature'. Mais le produit final nous présente le dictateur comme un personnage caractériel et vide. Kassem Haoul ne dresse pas le portrait psychologique d'un dictateur, il raconte, avec parfois de l'aigreur et dans une convention lamentable, les méfaits de la dictature. La dictature ce n'est pas bien ! Oui, mais on le savait déjà'
S. K.
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