L'absence d'un marché de proximité a tendance à transformer la ville en un véritable désordre et confusion où s'entremêlent marchands à la sauvette et ceux ayant une activité commerciale réglementée.
Ce mois de ramadhan a confirmé cette tendance avec la fermeture totale de la rue du 20 Août, à la circulation pour la «réaménager» en un espace de commerce ayant permis à tout ce flux de marchands informels d'exposer leur petite marchandise dans un désordre bruyant digne des grands marchés hebdomadaires. Cette situation n'a pas laissé indifférente l'opinion du commun des citoyens qui n'hésite pas à marquer son étonnement face à cette manière de canaliser toute cette masse de vendeurs d'objets tout aussi divers que les jouets pour enfants, le persil ou les «dioules» pour le «bourek», pour ne pas évoquer les cageots de fruits et légumes encombrant la chaussée.
Ceci dit, la solution la plus judicieuse aurait été de penser à la création d'un marché de proximité pour mettre un terme à tout ce désordre et permettre, dans le même sillage, d'organiser l'activité commerciale, fut-elle informelle, d'une toute autre manière. Il va sans dire qu'un marché organisé et mieux contrôlé aura son impact positif, d'abord sur la circulation qui sera ainsi épargnée de l'embouteillage né de ce commerce des trottoirs et sur l'hygiène de la ville. Justement, côté hygiène, le spectacle est bien plus désolant quand on sait que les espaces squattés ressemblent à s'y méprendre à des dépôts d'ordures où sont laissés pêle-mêle les déchets résultant de ce grand cafouillage de commerce informel.
Durant la nuit, à la rue du 20 Août, l'atmosphère nocturne est encore plus triste à voir avec un état d'hygiène et de désordre des plus déplorables qui n'a point dissuadé les petits vendeurs de «bourek» préparé à même le trottoir ou ceux proposant des brochettes et du merguez aux passants, à aller occuper les mêmes espaces ayant servi, pendant le jour, à un autre type de commerce. L'absence de tout contrôle des produits vendus ou exposés à la vente, dans de telles conditions, constitue un danger pour la santé publique si l'on tient compte des risques d'intoxication auxquels sont exposés les consommateurs de tels aliments exposés sur la voie publique. Les horizons fermés d'une jeunesse plus que jamais livrée à la précarité d'une vie impitoyablement dure, paraissent, toutefois être à l'origine de l'apparition de ces petits commerces qui servent à couvrir quelques besoins dans des conditions de pauvreté. Cet état de déliquescence de la vie est bien révélateur de cette tendance à la paupérisation extrême de la société qui s'accroche, tel un désespéré, au moindre petit métier, fut-il celui de la vente du persil sur le trottoir et ce, pour préparer une petite soupe pour la rupture du jeûne.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zouikri
Source : www.lequotidien-oran.com