Poussés par le
désir de s'exprimer pour dénoncer, disent-ils, les conditions désolantes dans
lesquelles ils vivent, certains habitants de la grande cité Tabriht, un
lieu-dit situé à quelque trois kilomètres d'El-Milia, qu'on considère comme le
site d'accueil d'une nouvelle ville, nous ont fait part à leur rencontre dans
un café de cette cité de leur ras-le-bol d'»une situation qui empire», selon
eux, de jour en jour. Criant à l'indifférence dont ils font l'objet depuis
qu'ils sont là voilà il y a trois années, ces habitants n'ont pas hésité à
lâcher le mot: «On manque de tout, même d'un bureau de vote. Pour voter, nous
sommes contraints de se déplacer ailleurs à nos anciens lieux de résidence à
plusieurs kilomètres de là, alors qu'on aurait pu nous ramener un bureau de
vote ici». Ceci pour accomplir un acte civique pour lequel des campagnes
tambour battant sont, pourtant, menées pour inciter le citoyen à voter. Qu'en
est-il alors des autres soucis de ces habitants?
La situation est
invivable ici à Tabriht, si l'on se réfère aux déclarations des résidents de
cette cité qui racontent que «les femmes sont contraintes d'aller chercher
l'eau dans des ruisseaux pollués par les eaux usées d'un réseau
d'assainissement». De nos propres yeux, nous avons vu en effet des femmes et
des petits enfants en train de puiser l'eau d'un puits situé à l'intérieur de
cette cité.
Un homme d'un
certain âge nous a évoqué, avec dépit et désappointement, le fait que «ces
femmes sont intimidées verbalement ou parfois même physiquement agressées par
des hordes de jeunes désoeuvrés qui viennent de partout à cette cité s'adonner
à divers vices sans que personne n'intervienne pour les dissuader d'agir ainsi,
de peur de subir leurs représailles». Poursuivant leur récit sur le calvaire
qu'ils vivent, ces habitants rappellent que «pour boire, nous sommes contraints
de guetter les tracteurs car ici, disent-ils, le précieux liquide est interdit
à nos robinets». Selon les mêmes déclarations, cette cité vit, en effet, un
grave déficit en matière d'eau potable, la population fait face à des pénuries
qui s'étendent jusqu'à trois mois. Autant dire qu'en matière d'hygiène, la
situation est encore plus dramatique à l'intérieur de cette cité livrée aux
rats et aux moustiques ainsi qu'à tous les risques de contamination par toutes
sortes de maladies, dont principalement les MTH et les affections
dermatologiques.
Et pour cause,
une virée à l'intérieur de cette cité nous a permis de constater de visu une
décharge sauvage polluant les lieux où des enfants y jouent avec une
insouciance qui n'a d'égal que les risques qu'ils encourent.
A ces problèmes
s'ajoutent l'insécurité, le danger de la route qui longe la cité et sur
laquelle de graves accidents ont déjà eu lieu causant des handicaps à
d'innocentes victimes. L'absence de l'éclairage public et le non raccordement
de cette cité au gaz de ville restent également des soucis pour les habitants
contraints d'aller chercher les bouteilles de gaz ailleurs. Pour compléter le
triste tableau de la situation, les habitants nous ont fait part de leur
inquiétude face à la horde de sangliers qui investit les lieux à la tombée de
la nuit. Ces animaux sauvages, tout comme les rats qui pullulent dans les
lieux, sont attirés, selon les mêmes interlocuteurs, par le dépotoir d'ordures
et l'obscurité de l'endroit totalement plongé dans le noir en raison de
l'absence de l'éclairage public. Il va sans dire que cette cité a déjà fait
parler d'elle à la suite de larges fissures apparues sur les murs de certains
blocs qui menacent désormais de s'effondrer. Des équipes techniques du CTC se
déplacent régulièrement sur les lieux pour suivre l'évolution du danger qui
guette ces blocs, dont certains sont habités par de nombreuses familles.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zouikri
Source : www.lequotidien-oran.com