Oran - Revue de Presse

EL-MILIA Le pain devient plus cher



Plus d'une semaine après l'action de grève décrétée par les boulangers pour protester, ont-ils expliqué, sur la rareté et la cherté de la farine, la fameuse baguette du pain fait toujours l'objet de spéculations. Elle est vendue ici et là, parfois même sous le manteau, à un prix qui oscille entre 8,50 et 12 dinars. Et pour cause ! Trouver une baguette de pain à 7,50 dinars n'est plus une simple sinécure dans cette ville où les boulangers ont, semble-t-il, réussi à imposer leur diktat en fixant désormais le prix du pain à 8,50 dinars pour le pain normal et à 12 dinars celui fabriqué à base de semoule. Acteurs clés dans la vente du pain, les épiciers, et après avoir boudé cet aliment durant plusieurs jours par peur d'être pris au piège de cette hausse, qui demeure, quoi qu'en dise, hors la loi, si on se réfère aux déclarations des pouvoirs publics qui insistent sur le prix soutenu du pain, se sont mis de la partie en adoptant, toutefois, une nouvelle stratégie pour vendre le pain à 8,50 dinars. Cette stratégie n'est autre que d'afficher le prix du pain sur les corbeilles en faisant croire que le pain amélioré est à 8,50 dinars, alors qu'en réalité c'est toujours du pain normal qu'ils proposent à leurs clients. Chez les boulangers, c'est presque la même astuce qu'on avance pour vendre le pain à 8,50 dinars. Désormais, là, on a tendance à croire que le citoyen ne consomme plus que du pain amélioré. Or, la réalité est tout autre, puisque c'est bel et bien le pain normal, dont on peut d'ailleurs facilement deviner la qualité avant même de le goûter, qu'on vend à ce prix. Pour l'histoire, le pain normal est fabriqué, selon les normes établies, à base de farine d'eau et de sel. Celui dit amélioré est préparé avec de la farine, des matières grasses, du sucre, du sel et de l'eau. Ceci dit, et en dépit de cette confusion, il convient de faire remarquer que trois boulangeries parmi celles activant dans la ville n'ont rien changé à leur habitude et continuent à travailler avec le même rythme et vendent toujours du pain à 7,50 dinars. Trouvant honteux que le citoyen a encore une fois été malmené par cette situation qui l'a réduit à quémander sa petite baguette de pain auprès de spéculateurs véreux qui agissent en toute quiétude, certains avis appellent les pouvoirs publics à intervenir pour en finir avec ce désordre ou déclarer publiquement que le pain n'est plus un produit soutenu. Ceci dit, ces réactions qui émanent de citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer pour crier leur désarroi face aux nouvelles règles d'un marché qui n'obéit visiblement plus à aucune logique, semblent être un v?u pieux dans un contexte social des plus difficiles. Et pour cause, en dépit des assurances des pouvoirs publics qui sont intervenus à maintes reprises pour rassurer le consommateur sur le fait qu'ils persistent dans leur politique de soutien des produits de première nécessité, il n'en demeure pas moins que certains commerçants persistent encore à vendre la semoule, par exemple, à 4.500 dinars le quintal. Le lait en sachet a été vendu, lors des dernières tensions qu'il a connues, à 30 dinars, alors que maintenant c'est au tour du pain d'être touché par ces tentations de passer outre les barrières fixées par les normes d'une politique de soutien aux produits de base qui semble être battue en brèche par la flambée des prix qui ont touché tous les produits de large consommation.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)