Du sachet de lait introuvable à la boîte de lait en poudre inabordable en passant par les fruits et légumes aux prix inaccessibles pour les petites bourses et autres démunis et sans revenus jusqu'au fameux bidon d'huile et au sac de semoule qui ont défrayé la chronique. Devant les hausses injustifiées qu'a connu ces produits, le citoyen est plus que jamais livré à ses propres tourments pour faire face à l'érosion de son pouvoir d'achat qui s'est réduit à néant en cette fin d'année troublée par ce constat décourageant. Autant dire que cette histoire de pouvoir d'achat qui se réduit de jour en jour telle une peau de chagrin est désormais une chronique qui meuble le quotidien du commun des citoyens de cette ville livrée à son tour à un état de déliquescence avancé. A la place des Martyrs où on croise les oisifs, les chômeurs mais aussi les cambistes qui «draguent» les petits pensionnaires des régimes de retraite français pour les amener à leur vendre quelques euros devant l'agence BADR, l'état d'esprit de tout ce beau monde est plutôt orienté ailleurs, vers cette situation de crise qui ronge tout le monde. Les jeunes, diplômés ou non, sont eux aussi de la partie dans cette confusion sociale qui a tendance à ruiner l'espoir des plus optimistes parmi ceux qui ont cru à des lendemains meilleurs. Maintenant que l'affreuse crise sociale est là, toutes les catégories de la société sont prises dans le tourbillon de ce désarroi qui a emporté dans son sillage l'élite et la crème même de ce pays réduites à quémander un sachet de lait auprès de l'épicier du coin. Cet épicier est devenu le point de rencontre des médecins, des enseignants et autres fonctionnaires qui viennent bousculer le petit pauvre d'hier pour triompher d'un sachet de lait sans valeur ni qualité nutritives. Symbole fort de cette grave crise qui frappe sans répit ni retenue toutes ces catégories de la société, le lait est à lui seul l'exemple frappant de cette crise franchement humiliante pour des cadres qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts, au même titre qu'un manoeuvre ou un simple ouvrier. Ceci dit, cette situation est davantage vécue tel un châtiment collectif par des citoyens qui semblent perdre tous les repères dans une ville qui n'offre, et c'est là que le bât blesse, aucune opportunité en matière d'emploi. Ville morte sur le plan économique, encore plus défaillante sur le plan social, El-Milia est la ville qui n'a rien à offrir à ses habitants qui vivent encore sur les petits boulots précaires ou sur les pensions des vieux retraités avec leur «baraka» qui fait vivre les enfants et les petits-enfants de ces gens du troisième âge. La réalité est troublante, elle est dure à admettre mais le désarroi social est là dans cette ville noyée dans les futilités des déchets ménagers qui polluent tout l'espace urbain ou dans les problèmes chroniques de la distribution d'eau qui empoisonne la vie des habitants qui n'ont plus de force pour crier à ce scandale de l'eau qui n'arrive jamais aux robinets. Â A ces histoires d'eau et de poubelles auxquelles il faut ajouter l'autre fléau de l'insécurité et de la dégradation du cadre de vie, la boucle est bouclée par le souci combien dramatique d'une vie de plus en plus chère. Ainsi, en cette fin d'année 2007, le souvenir n'est plus bon à retenir dans une mémoire qui ne retient visiblement que les traces de ce climat social bien délétère et de cette ville qui n'arrive pas à avancer pour rattraper le retard accumulé sur un développement tant promis mais jamais atteint.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zouikri
Source : www.lequotidien-oran.com