Oran - Revue de Presse

El-Hamri



Les familles sinistrées s’en remettent aux pouvoirs publics Dimanche passé, aux environs de 19 heures 30’, les dix-sept familles sinistrées de la rue Hamadène Ali d’El-Hamri, déjà fortement éprouvées par l’effondrement de leur immeuble et condamnées à vivre sous deux tentes de fortune, avaient peur. Au moment de no-tre visite au 101 de cette même rue, Haouch Ayada comme l’appellent ceux qui y sont nés et qui craignent d’être ensevelis sous ses décombres, les gens avaient réellement peur et n’arrivaient pas à le cacher. Approchées, les mères de famille qui, ayant apparemment entendu des craquements et grincements en provenance des plafonds aux trois-quarts effondrés, recherchaient désespérément leurs enfants, qu’elles appelaient à tue-tête par leurs prénoms. Introduits à l’intérieur de la vieille bâtisse, nous avons pu nous rendre compte de la détresse de ces citoyens, durement frappés par le sort et qui, à défaut de logements décents, occupent depuis le 15 octobre 2007 une partie de la voie publique. Pour cacher leur misère, les 17 familles ont planté deux tentes faites de vieilles couvertures, de morceaux de plastique, de planches et de tôles de récupération. La nuit venue, femmes et enfants se partagent, dans une effroyable promiscuité, la tente la plus spacieuse mais qui ne couvre que quelque 30 mètres carrés tout au plus. L’autre tente, moins spacieuse, est réservée aux hommes. Pour faire leurs besoins et soulager leurs vessies, ces autres damnés de la terre se débrouillent comme ils peuvent. S’exprimant au nom de ses compagnons d’infortune, C.N, 34 ans et père de 3 enfants, n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer cette situation. «Comme vous pouvez le constater et comme en font foi les documents que voici, l’immeuble risque de s’écrouler complètement à tout moment. Cela fait neuf mois que nous vivons dans cette insupportable situation. Les pouvoirs publics nous ont demandé de libérer la voie publique et faire rentrer nos enfants dans cet immeuble. Je veux bien prouver ma bonne foi mais à condition que l’un des responsables m’y accompagne, la nuit ! Nous reprochons à Djamal Ould Abbas de nous avoir bernés et de ne pas tenir parole. Notre immeuble étant marqué au rouge, ceux qui nous invitent à y entrer ne comprennent-ils pas que notre vie vaut la leur ? Pour justifier leur incompétence, certains responsables prétendent que nous sommes des rebelles. Qu’ils se détrompent; nous sommes pleinement conscients de la situation et des contraintes auxquelles ils sont eux-mêmes confrontés. Ceux qui chercheraient à nous pousser vers les extrêmes se trompent, les Oranais, les Hamraoua en premier, aiment leur ville et refusent de la détruire. Ceci ne nous empêche cependant pas de revendiquer le droit à un logement décent» clame ce citoyen avant d’inviter l’assistance à garder le calme et à ne pas se fier aux chants des sirènes. Le cas de Haouch Ayada n’étant pas isolé, d’autres sinistrés d’El-Hamri ont dressé d’autres tentes à la rue des Amandiers et à celle des Puits. Egalement approchés, les jeunes de ces rues sont partagés sur la conduite à suivre pour faire avancer leurs revendications. Pour certains, et ils sont minoritaires, seule l’occupation de la rue peut faire bouger les autorités locales. Pour d’autres, et ils sont très largement majoritaires, la violence n’a jamais réglé les problèmes et il faudra accorder du temps aux pouvoirs publics. Rencontré, hier matin, au siège du secteur urbain d’El-Hamri, un élu estime que pour régler les problèmes qui se posent à ce quartier, il faudra penser à un programme spécial du genre de celui dont a bénéficié « Les Planteurs «. «Il n’y a pas que la précarité de l’habitat qui nous préoccupe, il y a aussi la voirie et les réseaux souterrains qui ont besoin d’être traités si l’on veut éviter les mauvaises surprises « assure ce responsable selon lequel des familles, dont les habitations menacent également ruine, ont décidé d’y rester comme le leur suggéraient les pouvoirs publics. Le vieil El-Hamri représentant pour les Oranais plus qu’un quartier, quelles mesures prendront les pouvoirs publics pour le sauver? Nemili M.
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