Mettre en place des «télécentres» mobiles de proximité est l'une des dernières initiatives prises par le ministère de la Formation et de l'Enseignement professionnels pour atténuer l'isolation, en matière de technologie de l'information et de la communication, dont souffrent les populations des zones enclavées ou éparpillées sur de vastes territoires au nord comme au sud du pays.
Le ministère a passé une commande pour 8 bus à la SNVI (Société nationale des véhicules industriels). De conception algérienne, ils seront aménagés pour recevoir une dizaine de «lap-top» chacun et connectés à Internet via le système VSAT. D'autres équipements annexes (photocopieurs, graveurs, etc.) sont prévus dans ces centres mobiles alimentés par des groupes électrogènes pour offrir un maximum de services TIC aux usagers qui auront ainsi plus de chance de s'intégrer dans le monde du travail. Le ministre de la Formation, El Hadi Khaldi, invité au forum des citoyens du groupe Ouest Tribune, a indiqué que ces centres, dont le coût est estimé à 10 millions de DA l'unité, sont pluridisciplinaires mais une priorité sera accordée à la formation. Les 5 premiers bus sillonneront des régions à titre expérimental et, en fonction des résultats obtenus, l'expérience peut être généralisée.
En réalité, les «télécentres» existent déjà depuis 2008 mais ceux qui ont été réalisés dans un cadre coopératif incluant la Tunisie avec la collaboration d'un organisme allemand étaient fixes et ont donné des fruits.
Le secteur de la formation s'est également doté d'un Système d'information géographique (SIG), mis en ligne sur le site du ministère «http://www.mfep.gov.dz». Ce système a été présenté en introduction lors de la rencontre tenue samedi au Méridien. Appelé à être mis à jour en fonction des nouvelles données, il donne déjà des informations utiles concernant l'ensemble des wilayas du pays. C'est le cas à titre indicatif de la liste avec adresses et numéros de téléphone des 61 centres de formation privés d'Oran. Dans son intervention à l'occasion, El Hadi Khaldi a surtout évoqué le bilan des réformes de son secteur entamées depuis 2002 et résumées en trois axes : la formation et le secteur éducatif (la scolarisation étant obligatoire pour les niveaux primaire et moyen), la réorganisation de l'administration et, enfin, l'adéquation formation-emploi.
C'est ce dernier aspect qui a le plus intéressé les participants au forum, qui se sont interrogés sur le rôle de la formation à l'heure où ce sont les qualifications étrangères qui réalisent les meilleurs projets. «L'Algérie est un chantier à ciel ouvert», répond le ministre qui pose également le problème des salaires des ouvriers qualifiés nationaux qui se rabattent souvent sur les chantiers initiés par des particuliers où ils gagnent nettement mieux. Il évoquera en revanche l'intérêt accordé ces dernières années au secteur du BTPH avec le passage du taux d'apprentissage de 3% en 2005 à plus de 30% actuellement. «La nomenclature des spécialités assurées était statique dans le passé mais aujourd'hui, elle est dynamique et évolutive», précise-t-il, en indiquant qu'une révision s'effectue tous les deux ans pour mettre en adéquation la formation avec le marché du travail.
Il se désolera cependant du fait que les conseils communaux d'apprentissage ne semblent pas intéresser les élus locaux en apprenant que sur 1 541 communes, à peine 10 ont été installés. Il se permettra la réflexion suivante : «S'il était question du foncier, les gens se seraient bousculés mais puisque c'est de l'avenir de nos enfants dont il s'agit, cela n'intéresse pas grand monde apparemment».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com