Oran - Revue de Presse

El-Bayadh Priorité à la restauration des ksour



Erigés en bastions sur les crêtes de collines, dominant des plateaux ou des oasis qui s'étendent à perte de vue, jusqu'à se confondre avec le ciel, les ksour, au sud du pays, ont été de tout temps, des citadelles imprenables. Parfois, refuges et lieux de repli pour échapper aux razzias ennemies, ces fortifications cachaient en leur sein une ville dans laquelle des érudits et des hommes de sciences enseignaient aux locataires des lieux le savoir. C'étaient, également, des comptoirs du négoce où l'on troquait les céréales et d'autres produits maraîchers et arboricoles contre le sel gemme. De célèbres zaouïate et confréries ont connu leurs moments de gloire et ont étendu leur influence à partir de ces pôles. Il ne reste, aujourd'hui, de ces hauts lieux de l'histoire que des ruines. Les constructions en terre glaise n'ont pas pu résister aux assauts répétés des éléments de la nature. Certains ksour, comme celui de Boussemghoun, la coquette ville, remonte au 13e siècle de notre ère, voire bien avant. L'on a recensé plus de 10 ksour pour la seule wilaya d'El-Bayadh, autour desquels gravitent un chapelet d'îlots verdoyants et de palmeraies nées autour de points d'eau. Depuis 1999, la wilaya d'El-Bayadh a pris, à bras le corps, le volet de la restauration et de la réhabilitation de ces citadelles situées au sud de la dorsale de l'Atlas saharien. En plus des sommes colossales investies, au titre du plan sectoriel de développement et du fonds du Sud, une enveloppe financière d'un montant de 5 milliards de centimes, retenue au titre du programme des Hauts Plateaux, a été consacrée exclusivement à la préservation des ksour par des travaux de réfection des bâtisses, dont l'état de vétusté n'échappe à personne, sauf à nos archéologues qui ne se sont jamais penchés sur ce riche patrimoine. Trois ksour ont été retenus en priorité: Boussemghoun, Chellala et d'Arbaouet, pour des travaux de construction et de réparation du site, en utilisant les mêmes matériaux traditionnels tels la glaise mélangée à la paille et des troncs de palmier pour la charpente. Cette opération lancée depuis peu, nous dit-on auprès de la direction de la Culture de la wilaya, se poursuit à un rythme très soutenu et les visites inopinées du site, effectuées fréquemment par M. Mohamed Ziane, wali d'El-Bayadh, ont été pour beaucoup dans la célérité de l'exécution des travaux, plus particulièrement dans la création d'un centre de loisirs et de locaux à vocation artisanale. Menée, tambour battant, la réhabilitation des vieux ksour de Boussemghoun et d'Arbaouet a été totalement achevée et force est de reconnaître le sérieux des artisans maçons de Boussemghoun qui ont réussi, avec succès, la remise en état des lieux. Le ksar de Boussemghoun renaît de ses cendres. Les doigts de fée des maçons ont été à l'origine de la seconde vie du ksar qui a retrouvé ses lettres de noblesse, son charme et son éclat d'antan. Plus de 15 échoppes y ont été aménagées pour revaloriser les métiers d'arts traditionnels où l'on prévoit la création d'un éventail d'activités telles la maroquinerie, la dinanderie et la tapisserie. Ces locaux commerciaux seront attribués à des jeunes filles et garçons afin de perpétuer les traditions séculaires des populations de la région. Il y a lieu, également, de rappeler que d'autres opérations similaires de restauration seront menées, dans les tout prochains mois et simultanément, dans les autres ksour de Boualem, Ghassoul, Sitten et Kerakda. Le chapelet de citadelles autrefois impénétrables, une fois rénovées et remises en état, donneront, sans conteste, une impulsion nouvelle au secteur du tourisme dans la région. Reste à savoir si nos archéologues emboîteront le pas et se décideront, enfin, à se pencher sérieusement sur ce riche patrimoine culturel et historique des monts des ksour et sauront-ils relever le défi et situer des repères historiques du passé glorieux du sud-ouest du pays.
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