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El Bahia mérite mieux FESTIVAL D'ORAN DU FILM ARABE



El Bahia mérite mieux                                    FESTIVAL D'ORAN DU FILM ARABE
Prévu à 18h, le coup d'envoi n'a été donné que deux heures plus tard, sans aucune excuse pour le public.
Fini la belle époque de Hamraoui Habib Chawki marquée par l'incommodité causée par l'intensification d'époustouflants préparatifs et la tenue d'intenses briefings réunissant les membres du commissariat du festival jusqu'à des heures tardives de chaque nuit autour d'une seule et unique finalité: présenter, tout en faisant miroiter dignement et pompeusement l'image de l'Algérie, un festival pour lequel le coup d'envoi doit être donné dans toute sa grandeur. Cela a duré pendant trois éditions consécutives depuis le lancement du Festival du film arabe, en 2007.
Samedi soir, les présents qui ont eu la chance d'assister à l'ouverture de la 6e édition du Festival d'Oran du film arabe, Fofa, ont été écoeurés de constater que le ravaudage, le bâclage et le colmatage de dernière minute, qui sont encore partie prenante qui accompagnent les activités culturelles algériennes, sont encore loin d'être bannis. Cela se passe au moment même où les membres de l'actuel commissariat, vantant leur mérite, en déclarant sans ambages, ni gêne, que les objectifs recherchés est de franchir le pas vers la qualité en améliorant, chaque année, le niveau du Festival d'Oran du film arabe.
Les pépins constatés par le commun de tous les présents n'ont, malheureusement, pas manqué à l'occasion du coup du démarrage de la 6e édition, à commencer par la ponctualité et le timing qui n'ont pas été respectés. Prévu à 18h, le coup d'envoi n'a été donné qu'après avoir accusé deux heures de retard, au grand dam de la forte présence venue dévisager de près des acteurs qu'elle ne voyait qu'à travers le petit écran. Cette présence est composée essentiellement de familles respectables et de l'élite d'Oran et de sa région.
Aucune explication n'a été donnée ni par l'animatrice ni encore moins par un quelconque intervenant, question de s'excuser, ne serait-ce qu'intelligemment auprès du public qui a commencé à affluer à partir de 16h. Deuxième lacune, à coller sur le dos des organisateurs, le discours, aussi bien lugubre que mélancolique qui a ponctué le coup de starter n'avait presque rien d'annonciateur d'une rencontre festive de dimension internationale, hormis les présentations des amabilités annonçant, fort heureusement à l'algérienne, la bienvenue aux invités.
L'envoyé spécial de la ministre de la Culture, M. Hamdi, et le représentant local du département de Khalida Toumi, la commissaire du Festival, Mme Moussaoui, ont, chacun, tenu de longs speechs totalement dénués de gaieté festive. Idem pour le wali d'Oran, qui a, certes, été laconique et direct dans son discours, mais très archaïque dans sa petite approche vis-à-vis du cinéma.
Les trois intervenants ont agi comme s'ils étaient obligés de se prononcer dans une activité totalement ordinaire. Ce n'est pas tout, étant donné que d'autres lacunes ont été relevées lorsque plusieurs hommes de cinéma, vivants et décédés, ont été honorés à la va-vite sans pour autant songer à présenter leurs carrières professionnelles. La présence de Bedjaoui Ahmed, en tant que président d'honneur du festival, a sauvé les meubles en relatant, parfois des anecdotes sur les parcours des artistes qui ont été honorés dont Gillo Pontecorvo qui a réalisé l'immortel film intitulé La Bataille d'Alger.
Aussi, plusieurs illustres personnalités, devant remettre les trophées aux artistes qui ont été invités à l'effet d'honorer d'autres artistes se sont illustrés par leur absence. La tradition exige que chacune des personnalités cinématographiques honorées doit rendre sur place l'ascenseur en honorant, elle aussi, le public présent. Faire de petites déclarations, lui raconter de petites histoires s'impose dans les événements d'une telle envergure.
Bien que le pupitre ait été placé dans le coin de la géante scène du Centre des conventions d'Oran, plusieurs de ces dernières ont préféré faire leurs aveux au milieu du podium. Ces petites failles surviennent au moment où l'Etat continue à mobiliser des sommes colossales et d'énormes moyens humains et matériels en vue de redorer le blason de l'Algérie, aussi bien au niveau international, que sur le plan national. Le consensus, qui a été commun, a été résumé en une petite phrase tant symbolique par plusieurs présents: El Bahia mérite mieux.
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