Aussi étonnant que cela puisse paraître, l'EHU d'Oran n'est doté que d'une enveloppe de moitié inférieure à celle du CHU, soit un peu plus de 5 milliards de DA, contre plus de 10 milliards de DA pour le second.Il ne s'agit en plus que d'une subvention et non d'un budget comme c'est le cas pour les CHU, précise le DG de l'établissement, le Pr Mansouri qui a animé jeudi, en compagnie d'un certain nombre de chefs de service, une rencontre avec la presse.
A bien des égards, en plus de la haute technicité reconnue dans les interventions chirurgicales ou autres, l'EHU assure des prestations de qualité. Malgré quelques couacs dans la prise en charge des malades signalés ça et là mais toujours sanctionnés (une centaine en ont fait les frais), affirme-t-on, sa réputation est bien établie, ce que prouve l'importance de la sollicitation. Malheureusement, la structure a ses imites et ne peut répondre à la totalité de la demande.
C'est le cas notamment, mais pas seulement, pour le service d'oncologie. Toutes les wilayas en sont dotées (72 à l'échelle nationale) et Oran en a 5 dont celui du CHU du CAC de Misserghine mais aussi des services d'El Mohgoun et de Aïn El Turck. En théorie, c'est pour favoriser les prises en charge de proximité mais, dans les faits, pour le cas d'Oran, c'est l'EHU qui est le plus sollicité.
«Nous acceptons les demandes d'intervention chirurgicales formulées à l'échelle régionale ou même nationales mais nous voudrions que, pour ce qui est des traitements, les patients s'adressent aux structures proches de leur lieu de résidence», souhaitent les responsables concernés précisant que ces prises en charges, à l'exemple de la chimiothérapie, se font au détriment des patients relevant de cet hôpital (Oran-est).
Selon les chiffres communiqués, le cancer consomme près d'un milliard de DA, soit la moitié de l'enveloppe pharmacie de l'établissement. «Mais les autres services ont eux aussi besoin d'argent», rappelle-t-on. Des efforts sont consentis pour lutter contre cette maladie, et c'est notamment aussi le cas avec la création d'une unité qui s'occupe des cancéreux ayant atteint un stade incurable et c'est pour les soulager avec des traitements adéquats et des visites à domicile.
Les efforts concernent, par exemple, aussi les dépistages à un stade opérable de certaines affections hépatiques qui permettent ainsi d'éviter ultérieurement des traitements lourds et surtout coûteux. A l'ouverture, l'EHU était doté de 500 lits. Actuellement, on en est à 1180 et une extension est demandée pour accroître ses capacités d'accueil.
En contrepartie, on compte également développer dès janvier le concept de chirurgie ambulatoire pour limiter fortement les durées de séjour. «Les activités sont multipliées par 10 mais les subventions sont restées les mêmes», déplore-t-on alors que «beaucoup de choses qui se font ici ne se font pas ailleurs».
Les performances réalisées dans des domaines divers de la cardiologie, de l'urologie, de la neurologie, du diabète, du traitement de l'obésité, des greffes, et même de la PMA, etc., prouvent pour ses dirigeants que l'établissement a rempli sa mission de se constituer en véritable pôle d'excellence.
Mais le manque de moyens financiers, un fait dû également au statut administratif particulier qui le caractérise et la pression qu'il subit déteignent quelque peu sur son ambition de se hisser véritablement à un niveau international. On y travaille néanmoins.
L'EHU est évalué (innovation, niveau technique mais surtout sur la sécurité et la qualité des soins) tous les trois mois par des experts allemands et autrichiens et sur plus de 400 paramètres, il faut réussir plus des deux tiers pour avoir une accréditation universelle.
L'EHU a réussi 200 mais le travail se poursuit. «On peut avoir les meilleurs chirurgiens et les équipements les plus récents mais si l'acte médical n'est pas réalisé dans les conditions et l'environnement adéquats, l'effort peut être réduit à néant», prévient-on pour mettre en avant ces aspects souvent négligés mais qui s'avèrent être d'une importance capitale en plus de la transparence dans la gestion, un point soulevé par les animateurs de la rencontre pour témoigner de la bonne gouvernance qui règne à l'EHU.
«Il nous est arrivé de nous endetter pour répondre à tous les besoins alors que d'autres se permettent de rendre de l'argent car il n'est pas dépensé», fait remarquer le premier responsable de l'établissement. Les soucis exprimés peuvent trouver, se rassure-t-on, des réponses avec l'application de la nouvelle loi de la santé déjà adoptée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com