Oran - Revue de Presse

Egypte : Onze touristes et leurs accompagnateurs enlevés



Le doute persistait toujours hier quant au sort des dix-neuf otages, onze touristes européens et huit Egyptiens, enlevés par un groupe armé dans le sud-ouest de l'Egypte près de la frontière soudanaise. «Ils ont été libérés, tous, sains et saufs», a annoncé hier à la presse le ministre égyptien des Affaires étrangères, à l'occasion d'une rencontre avec son homologue américaine Condoleezza Rice en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Mais quelque temps après, l'agence égyptienne, citant un responsable égyptien, annonçait que les «efforts sont en cours» pour libérer les otages.

Les onze touristes européens et leurs huit accompagnateurs égyptiens ont été libérés aux confins de l'Egypte, du Soudan et de la Libye, avait précisé le ministre égyptien. Cette information n'a pas été confirmée par les ambassades italienne et allemande au Caire. «Pas de commentaire, nous cherchons à vérifier cette libération», ont indiqué ces deux ambassades jointes par l'AFP. Peu avant l'annonce du chef de la diplomatie, le ministre égyptien du Tourisme, Zoheir Garrana, avait indiqué que des contacts étaient noués avec les ravisseurs qui se trouvaient «en territoire soudanais» avec leurs otages et qui demandaient une rançon. Le groupe kidnappé était composé de cinq Italiens, cinq Allemands, une Roumaine et huit Egyptiens, deux guides, quatre chauffeurs, un garde-frontière et l'organisateur du safari.

L'enlèvement est intervenu vendredi à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Soudan, à Karkh Talh, aux confins arides au sud-ouest de l'Egypte, à 1.000 km du Caire. Il s'agit d'une immense vallée de dunes et de grottes préhistoriques en bordure des monts du Gilf El-Kebir, plus au nord, et du Gebel Ouenat. La région de l'enlèvement abrite «la grotte des nageurs», dont les magnifiques dessins préhistoriques ont été montrés en 1997 dans le film «Le patient anglais».

Les contacts avec les ravisseurs se sont faits via la femme du directeur de l'agence de tourisme, Kirsten Butterweck-Abdel Rahim, qui est d'origine allemande. Une source italienne au Caire a précisé que les otages italiens libérés, tous originaires de Turin, sont trois femmes, Lorella Paganelli, 49 ans, Giovanna Quaglia, 52 ans, Mirella De Giuli, 70 ans, et deux hommes, Walter Barotto, 68 ans, et Michele Barrera, 71 ans. Le ministre égyptien du Tourisme n'a pas confirmé les informations de presse faisant état d'une rançon allant de 6 millions à 15 millions de dollars. L'un des otages italiens a utilisé un téléphone satellite pour appeler sa femme et lui expliquer que le groupe avait été enlevé par cinq hommes masqués s'exprimant en anglais «avec un accent africain».

La région est accessible du Soudan par des pistes de contrebande et peu éloignée du nord du Darfour où des rebelles affrontent le pouvoir central depuis 2003. Ces groupes rebelles ont démenti leur implication dans cet enlèvement. «Nous n'avons rien à voir avec un quelconque enlèvement», a déclaré Ahmed Hussein Adam, un porte-parole du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), basé à Londres. Mahgoub Hussein, un porte-parole de l'une des factions clés du Darfour, l'Armée de libération du Soudan (SLA), également basé à Londres, a indiqué pour sa part «qu'aucun de ses combattants n'était impliqué». Alors qu'ils n'étaient qu'une poignée il y a vingt ans, un millier de touristes se sont rendus l'an dernier dans cette région reculée, payant 10.000 dollars par personne pour un safari de quinze jours. Une autorisation spéciale des autorités est nécessaire.

C'est la deuxième fois que des touristes y sont attaqués. Un groupe, comprenant des Allemands, a été victime en janvier de pillards qui ont complètement dépouillé leurs victimes, abandonnées dans le désert avec seulement un téléphone satellite.

Toutefois ce kidnapping est le premier dans l'histoire de l'Egypte. Les premiers soupçons sur une possible implication de la mouvance islamiste se sont vite dissipés et la piste terroriste a été complètement écartée par le gouvernement égyptien. «Il s'agit de banditisme et non de terrorisme», avait affirmé le ministère dans un communiqué, sans préciser la date de l'enlèvement des otages, ni le montant de la somme réclamée par les ravisseurs.


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