Oran - Revue de Presse

Egypte: Explosion de l'enseignement privé



« Néfertari», «Oasis», «Leader's school», ce sont là quelques enseignes qui brillent désormais sur les décombres de l'enseignement public en Egypte. Les Jardins d'enfants, écoles internationales et universités privées se multiplient et croissent mais les prix et les tarifs d'inscription restent loin du tout-venant et de 5.000 livres égyptiennes pour le programme national enseigné dans une école privée, on passe allègrement à 25.000 pour un programme «international». Essam, professeur dans un établissement public, aligne des chiffres faramineux: «Tout dépend de la zone géographique et sociale mais le nombre moyen d'élèves par classe est de 60 avec des pointes allant jusqu'à 80. Qui peut enseigner quelque chose de convenable dans ces conditions et à une foule pareille pour un salaire de 200 livres ?». La mémoire n'y résiste pas et on repense à ce très jeune Français repartant écoeuré après une année passée à enseigner le français dans une école privée; «C'est à vomir. Avec zéro année d'expérience, mon salaire était 30 fois supérieur à celui d'un prof égyptien qui galère depuis 20 ans !». Dans un élan de révolte et de nausée, Renaud a regagné son pays après avoir fait le plein de livres rares et d'éditions originales. La faiblesse des salaires contraint la presque totalité des enseignants à donner des cours particuliers qui prennent en Egypte les airs d'une véritable industrie. Abou Samir, chauffeur de taxi qui reste rivé à son siège 18 heures par jour: «J'ai trois enfants et ils prennent des leçons particulières dans presque toutes les matières ! Sans cela ils n'apprendraient rien; c'est pour ça que je trime; sans compter la cherté de la vie». L'enseignement supérieur n'est pas mieux loti et certaines facultés comme celles de droit ou de commerce ont des effectifs pléthoriques en raison de la sélection et le tri opérés à l'entrée de filières plus prestigieuses comme la médecine ou les écoles d'ingénieur. Evoquant le problème des sureffectifs, le ministre de l'Enseignement supérieur Hani Hilal a déclaré au cours d'un débat avec des étudiants: «Des circonstances particulières nous ont contraints à accepter un grand nombre d'étudiants dans les universités; mais dorénavant c'est terminé !» De l'avis de plusieurs acteurs, ce sont la vétusté des établissements scolaires, la sous-qualification des enseignants qui ont précipité beaucoup de familles vers les écoles et universités privées, à tel point qu'il n'est pas un jour qui ne voit pas la naissance d'une école ou d'une université privées. Il est inutile d'énumérer ici leur liste, elle serait trop longue mais heureux celui qui a eu la chance de fréquenter une des institutions religieuses avant que ces dernières ne se mettent au goût du jour commercial. Car dans le royaume de l'enseignement privé, l'argent est roi et l'élève ou l'étudiant son prince. «Ici c'est l'élève qui dicte sa loi, il marcherait sur la tête de l'enseignant, l'argent que ses parents déboursent en fait le maître», nous a déclaré un professeur d'arabe dans une école privée perdue dans un no man's land sur la route d'Alexandrie. Presque tous décentrés dans les périphéries du Caire, les établissements privés disposent de bus de ramassage scolaire souvent dans un état de vétusté alarmant. Devant les prix prohibitifs pratiqués, l'observateur un tant soit peu naïf et compatissant conclurait un peu trop rapidement à l'existence d'un système à deux vitesses participant de la reproduction des inégalités sociales; seulement il y a quelque chose de pourri dans ce royaume car qui paye réussit quel que soit son niveau. Il serait intéressant pour l'exemple de connaître le taux d'échec à l'université américaine du Caire où les frais d'inscription frôlent les 20.000 dollars. Ici on pense au prestige social et aux profits symboliques, la qualité de l'enseignement étant reléguée loin derrière le culte du diplôme et selon la loi qui veut que le capital aille au capital, ce sont les parents qui assureront l'avenir par le legs de leurs affaires et entreprises. Le diplôme sera accroché en bonne place sur les murs du salon.
faire un licence en ressources humaine en egpyte.
bilan houssein hassan - assistante de direction - DJIBOUTI, Djibouti

14/03/2012 - 28767

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