Photo : Sahel
De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali
Les pluies qui se sont abattues ce début novembre ont révélé les tares de la wilaya d'Oran qui, une fois de plus, s'est noyée dans les mêmes insuffisances et défaillances qui durent depuis plusieurs années : effondrements du vieux bâti dans plusieurs quartiers de la ville, ronds-points et trémies envahis par les eaux, des routes impraticables un peu partout, des perturbations électriques dans plusieurs communes' les intempéries n'ont pas été sans conséquences sur le quotidien des Oranais. En quelques jours, une vingtaine d'effondrements et effondrements partiels d'habitations ont été enregistrés dans les vieux quartiers d'El Hamri, M'dina J'dida, Médioni Sidi El Houari, Gambetta, et fait huit blessés parmi les locataires. De crainte que le toit ne leur tombe sur la tête, des familles ont ainsi décidé de braver le froid et la pluie et de s'installer dans la rue. A Gambetta, quartier situé quasiment au centre-ville, six familles, occupant deux immeubles menaçant ruine, ont bricolé un abri fait de bâche et de plastique en plein milieu de l'avenue d'Arcole, pour pouvoir s'y réfugier durant les nuits pluvieuses. Dans tous les vieux quartiers d'Oran, c'est le même scénario qui se répète chaque année à la même période automne-hiver : des pluies s'abattent, la peur gagne les habitants et des tentes de fortune apparaissent pour rappeler que, malgré les cités construites ces dernières années et les opérations de relogement réalisées, la question du logement demeure au c'ur des problèmes de la wilaya. Tout comme la problématique du vieux bâti qui est loin d'être réglée : selon les recensements des deux dernières années, Oran compte environ 54 000 vieilles bâtisses dont le sort - entre récupération après réhabilitation ou démolition - n'a pas encore été arrêté. En tout cas pour la majorité, puisque l'on sait que 10% se trouvant dans un état de délabrement avancé sont classées rouge et devront être démolies alors que 27%, classées orange, devraient être réhabilitées. En attendant, les locataires en attente d'attribution de nouveaux logements tremblent dès que la saison des pluies approche : les 250 effondrements annuels enregistrés ces dix dernières années et leurs cortèges de morts et de blessés ne sont, en effet, pas faits pour rassurer.
Ronds-points et trémies inondés
Moins tragique mais tout aussi préoccupants, le phénomène récurrent des voies impraticables, ronds-points inondés ou trémies qui présentent des infiltrations interpellent sur le respect des normes de construction de ces nouvelles infrastructures. Faute d'avaloirs suffisants et récurés en temps voulu, une légère pluviométrie (une moyenne de 30 mm, cette fois-là) suffit généralement à transformer des routes récemment réalisées en mares d'eau, qui perturbent grandement la circulation et mettent les nerfs à vif : «Il est clair que les constructeurs n'ont pas pris en compte tous les paramètres lors de la réalisation de ces infrastructures. Autrement, nous n'aurions jamais ces situations», déplore un automobiliste à la vue d'un tronçon de route Canastel-Seddikia noyé sous les eaux. De manière générale, la grande majorité des constructions - qui ont été réalisées ces dix dernières années dans l'urgence que l'on sait- présentent ce genre d'anomalies qui, si elles sont moyennement ennuyantes aujourd'hui, peuvent se révéler potentiellement plus dangereuses les années à venir. Et naturellement, les principaux axes routiers Oran-Arzew-Mostaganem (est), Oran-Boutlélis (sud-ouest), Oran-Aïn Turck, ont été noyés par les eaux, en divers endroits, comme chaque hiver depuis la nuit des temps sans que des mesures soient prises pour mettre fin à ces désagréments qui, parfois, provoquent des accidents routiers plus ou moins graves. Pendant presque toute une semaine, de jour comme de nuit, les Oranais ont fait les frais d'intempéries, certes exceptionnellement intenses pour la saison, mais aux effets néanmoins aggravés par la gestion toujours imprévoyante des autorités locales qui, en dépit des expériences passées, n'ont pas jugé utile de réactualiser le plan Orsec. C'est ainsi que plusieurs communes ont été plongées dans le noir à cause d'une rupture électrique entraînée par la détérioration d'une quinzaine de supports électriques de haute et moyenne tension : des habitants des localités situées dans les daïras de Boutlélis, Aïn El-Kerma, Misserghine, Arzew, Marsat El-Hadjadj et Oued Tlélat notamment, soit 20 000 abonnés ont dû endurer la perturbation électrique durant deux jours, du 12 au 14 novembre, avant que les services concernés ne rétablissent la situation. Le bilan des dégâts causés aux installations électriques fait état, outre 15 poteaux électriques endommagés, de l'inondation de postes transformateurs à Arzew, Marsat El-Hadjadj, Boutlélis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com