Entre les syndicats de l'Education nationale qui sont sur le qui-vive, les
enseignants mal informés sur le nouveau système de l'horaire continu et des
parents d'élèves sceptiques, la nouvelle rentrée scolaire s'annonce mouvementée.
Malgré les assurances du ministère
de l'Education sur une année scolaire sans nuages, les différents acteurs du
secteur de l'Education, eux, annoncent un mauvais temps qui remet sur table
tous les problèmes déjà vécus l'année dernière. Un passif qui n'a pas été
totalement réglé l'année dernière et qui a été, de ce fait, du moins pour le
partenaire social, reconduit cette année et pour lequel les syndicats autonomes
aiguisent leurs armes pour passer à l'action, à tous moments.
A commencer par l'horaire continu
qui sera appliqué, pour la première fois cette année et qui risque de faire
polémique. Le nouveau dispositif ne semble pas faire l'unanimité. Les premiers
à critiquer cette nouvelle mesure sont les parents d'élèves qui n'hésitent pas
à exprimer leur appréhension sur le comment sera appliqué
ce système et quelles seront ses conséquences sur le cursus scolaire ? Quels
sont les établissements concernés et que sera servi dans les assiettes de nos
enfants ? Des questions que se posent la majorité des parents et pour
lesquelles aucune explication n'a été donnée. A quelques jours de la rentrée, plusieurs
parents d'élèves ainsi que des élèves eux-mêmes nous ont exprimé le manque de
communication sur cette question. L'inquiétude vient surtout des parents qui
ont des enfants malades et qui suivent un régime. « Nous ignorons complètement
comment sera organisée cette opération. Pour les enfants diabétiques qui sont
sous insuline, ils ne peuvent manger qu'une demi-heure après leur piqûre. Si ce
temps est consacré pour le déjeuner, à quelle heure donc pourront manger ces
enfants malades ? » s'interroge cette mère de famille qui se dit pas informée
du tout sur cette opération et qui exprime son inquiétude des risques
d'intoxication suite à cette restauration à l'école, si les mesures d'hygiène
ne sont pas respectées.
Le «oui mais» des syndicats
Pour les syndicats autonomes de l'Education, ce système a ses points
positifs puisqu'il permet à l'élève de réviser ses leçons et d'avoir un après-midi
libre pour faire d'autres activités de distraction mais il nécessite toutefois,
un allègement des programmes adaptés aux heures de cours par semaine. C'est ce
que propose le SNAPEST (Syndicat national autonome des professeurs de
l'Enseignement secondaire et technique). Selon le représentant de ce syndicat, «
ce nouveau système est une bonne chose pour l'ensemble des élèves des CEM, mais
pour les élèves du secondaire, l'application de l'horaire continu sera
difficile du fait qu'il est impossible de terminer les cours à 14h30 avec le
même programme tracé. Telle que la situation se présente actuellement, avec le
nouveau système, nous aurons moins d'horaire pour le même nombre de semaines
pour l'année scolaire. Impossible dans ce cas de laisser sortir les élèves à 14h30.
La fin des cours est arrêtée à 15h30 ou 16h30. Des horaires plus adaptés au programme ». Même
son de cloche du côté de l'Union nationale des professeurs de l'Enseignement
fondamental (UNPEF). Son représentant explique que l'horaire continu est une
bonne chose et devrait être accompagné d'une révision des programmes et des
moyens adaptés afin d'assurer le bon déroulement de cette opération. Notre
interlocuteur expose aussi le problème des enfants diabétiques des
établissements mal équipés pour prendre en charge les élèves et leur assurer la
restauration. Quant aux enseignants, bien que soutenant ce système, ils ne
semblent pas bien informés. La majorité avec qui nous avons discuté, ignorent
si leurs établissements sont concernés par les horaires continus ou pas. Ils
attendaient leur rentrée, prévue hier pour le savoir. Selon une enseignante à
Oran, « ce nouveau système ne peut qu'être bénéfique pour les élèves. Il est
intéressant dans le sens où la relation professeurs-élèves
sera plus renforcée. Les élèves vont avoir le temps de réviser, de faire leurs
devoirs. Ils n'auront plus à avancer le prétexte de la fatigue et journée trop
chargée pour étudier à la maison comme ils ont l'habitude de le faire. Aussi, ils
auront moins de va-et-vient à faire à l'école et moins de problèmes de
transport. L'après-midi sera donc libre pour faire d'autres activités de
détente», comme il est déjà prévu, en fait. Cependant, concernant les détails
de l'application de ce nouveau système et si les programmes seront adaptés, ce
professeur de lycée dit n'avoir aucune information. « On est dans le flou et
nous n'avons pas encore été informés comment sera appliqué ce nouveau système
ou si notre établissement est concerné ».
Une rentrée très «attendue»
D'autre part, concernant la nouvelle rentrée scolaire, tout le monde
l'appréhende. Pour les deux syndicats, SNAPEST et l'UNPEF,
plusieurs dossiers sont restés en suspens l'année dernière et ils attendent que
le ministère concrétise ses engagements. Le SNAPEST revient sur le régime
indemnitaire et notamment sa révision, la médecine du Travail, la retraite et
la gestion des Oeuvres sociales. Le syndicat, bien que soutenant le décret
stipulant le transfert de la gestion des Oeuvres sociales à une commission
indépendante, demande plus de transparence et de solidarité et insiste pour que
la commission nationale et les commissions de wilaya soient maintenues et
rejette de façon catégorique, les commissions installées dans chaque
établissement. Pour faire un point de situation de toute cette nouvelle rentrée
scolaire et décider des actions à entreprendre, le SNAPEST devra se réunir ces
jeudi et vendredi, à deux jours du jour « j ». Il n'écarte pas de renouer avec
le mouvement de protestation si les dossiers, qualifiés d'importants transmis
au ministère de l'Education restent sans suite.
Quant à l‘UNPEF, il brandit carrément la menace de la grève et annonce
une rentrée chaude si la tutelle campe sur les mêmes positions et ne concrétise
pas les promesses déjà faites. Selon son représentant, «les enseignants
attendent des réponses concrètes à leurs revendications. Nous demandons nos
droits. En ce qui concerne le régime indemnitaire, nous demandons à être
alignés aux autres secteurs. Un régime qui a été calculé sur le salaire de base
pour les enseignants alors que pour les autres fonctionnaires, il a été calculé
sur le salaire principal ». Le statut particulier est l'autre revendication de
ce syndicat ainsi que la révision du classement pour les postes. Concernant les
Oeuvres sociales, l'UNPEF souligne que les mêmes
avantages doivent être préservés étant donné que le pouvoir d'achat est en régression
et une flambée des prix inimaginable s'annonce, chaque fois sur le marché. Pour
étudier toutes ces questions et des actions à mener, le conseil national de l'UNPEF se réunira après la rentrée scolaire. Une réunion
décisive pour le syndicat qui menace déjà d'un mouvement de grève si la
plateforme de revendications n'est pas prise en charge.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mokhtaria Bensaâd
Source : www.lequotidien-oran.com