Le manque de sources pour l'écriture de l'histoire, leur "inaccessibilité" peuvent entraîner des "dérives", a affirmé l'historien et directeur de la revue Naqd, Daho Djerbal."Le manque de sources pour l'écriture de l'histoire, leur inaccessibilité et inexactitude peuvent entraîner des dérives", a indiqué M. Djerbal dans un entretien accordé à l'APS à l'occasion de la commémoration du 59ème anniversaire du déclenchement de la lutte armée.
Il s'est interrogé, à ce propos, si les polémiques et les attaques nominales contre telle ou telle personnalité politique peuvent toutes être considérées comme source pour l'écriture d'un pan de l'histoire liée à la révolution pour l'indépendance de l'Algérie.
L'historien s'est posé le même questionnement s'agissant de déclarations et autres témoignages faits par des acteurs directs ou indirects de cette période de notre histoire et tendant à la "sacralisation" de certains personnages historiques aux fins d'en faire des "icônes".
L'intervenant a estimé que le recours à ce type de sources est "une des dérives possibles" résultant des "lacunes" en matière de témoignages et autres archives liés à cette période de l'histoire contemporaine de l'Algérie.
Le Directeur de la revue spécialisée Naqd a évoqué, par ailleurs, l'utilisation par les partis politiques des archives et des témoignages à des "fins politiques", ce qui est, à ses yeux, un "droit légitime".
L'inconvénient résidet néanmoins dans la difficulté d'accès à ses sources d'information, à leur disponibilité et à leur exactitude, a-t-il expliqué.
Il relevé, dans le même cadre, que "tous les témoins vivants ne sont pas disposés à témoigner pour une raison ou une autre", estimant que le problème en Algérie concernant l'écriture de l'histoire est "celui des institutions officielles et gouvernementales", appelées ïuvrer pour la collecte, la sauvegarde et la transmission des archives aux chercheurs et aux citoyens.
Déplorant que "jusqu'à ce jour", les chercheurs et historiens rencontrent de nombreux problèmes en matière de recueil, de publication et de sauvegarde des mémoires, Daho Djerbal a noté que depuis 1962, il y a eu un héritage "important" d'archives gouvernementales, départementales et municipales (communales) datant de la période coloniale mais dont une partie seulement est demeurée en Algérie comme "épave".
Dans le sens où, a-t-il expliqué, ces documents ont été considérés par la France comme ayant "peu d'intérêt" ou touchant à "ses intérêts" et ceux de ses collaborateurs.
Il a déploré, à ce propos, qu'une partie de ce fond documentaire restée en Algérie ait été détruite.
Il a cité, à ce sujet, l'exemple des archives du ministère de l'agriculture héritées de l'époque coloniale et qui ont été incinérées sur le toit du siège de ce département quelques années après l'indépendance.
Daho Djerbal a regretté, en outre, la difficulté d'accéder à une "grande partie" des archives appartenant au mouvement national, notamment, celles de l'Etat-major général de l'ALN et du GPRA.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz