Un humoriste déjanté
Le comédien qui a provoqué un fou rire chez les présents a été très véhément vis-à-vis des responsables locaux et leur politique dans la gestion de la ville.
Avec son nouveau monologue B. Rebbi maire, l'humoriste oranais, Mohamed Mihoubi, a réussi le pari, samedi dernier, à faire salle comble lors de la présentation de son spectacle au Théâtre régional Abdelkader-Alloula. Mihoubi, tout comme Fellag, Gad El Maleh ou encore Dieudonné, a brillé dans son one-man-show, quelque peu osé, et dans lequel il a tenu, certes, un discours au verbe très simple et tant accessible à toutes les catégories d'âge, mais très véhément, qu'il a symbolisé intelligemment par des petites phrases persifleuses. Il est donc très dénonciateur.
A travers son dernier one-man-show, il a dénoncé les inégalités sociales, mais principalement le marasme social qui continue à ronger la société algérienne, particulièrement les jeunes qui sont devenus à la longue, sujets de toutes convoitises des candidats en quête permanente du pouvoir, quitte à bafouer tous les principes et les us devant servir de garde-fous intouchables dans l'exercice de l'acte politique.
Dans ce monologue, les partis politiques, autant qu'ils sont, ont été pris à partie par Mohamed Mihoubi, les accusant d'avoir des projets opaques et par leurs rôles dans la scène nationale, d'être la source principale de tous les maux qui rongent la société.
Ce passage sert de prélude pour entamer le vif du sujet du monologue, faire l'état des lieux de la situation qui prévaut dans la ville. Mihoubi ironise dans chaque phrase qu'il prononce, comme il dresse un tableau noir sur ces formations politiques dont l'absence sur le terrain est indéniablement constatée et ne font leur apparition que lors des élections pour s'adresser, tout en les amadouant, aux électeurs en usant de toutes les ruses quitte à s'engager à la réalisation des miracles. B. Rebbi maire fera, sans aucun doute, une petite polémique étant donné que l'artiste ne s'est pas du tout retenu dans son discours adressé, aussi bien à la classe politique, qu'au pouvoir local.
«Un ministre Ghoul, et un autre qui se prénomme Amar Tou qui fait tout.» Là est le summum de l'hérésie du comédien qui prend un bac à ordures auquel il donne des formes qui cadrent avec chacune des étapes de son monologue.
Le bac à ordures a servi de lieu de détente principale du personnage principal du monologue avant de le transformer en podium qui sert de pupitre pour les campagnes électorales.
L'artiste ira encore plus loin en s'en prenant violemment aux responsables locaux qui ont promis des miracles lors de leurs candidatures. Il place Wadah comme personnage principal qui s'adresse, en tant que candidat, à la population pour lui énumérer les chantiers à ouvrir une fois élu à la tête de la mairie. «Je planterais des palmiers partout notamment sur le Front de mer», a-t-il clamé. Cette sentence n'est pas innocente, ni encore moins dénuée de sens et de symboliques. Dans ce passage, Mihoubi évoque l'ignorance totale des responsables locaux des besoins des habitants de la ville qu'ils gèrent.
Mihoubi semble vouloir dire qu'au lieu de voir les choses telles qu'elles sont, ces mêmes responsables sont aveuglés par le pouvoir qu'ils exercent aveuglément, s'ingénient dans leurs fuites en avant, quitte à promettre des projets irréalisables comme la plantation des palmiers un peu partout, dans les grandes artères de la ville.
«Vous aurez les dattes tout près de chez vous et tout le long de l'année, comme vous aurez un tramway portant les couleurs de l'ASMO», s'est-il moqué encore, avant d'être plus explicite dans sa dérision en brossant un tableau effectif sur le niveau réel des élus locaux.
«Je vais transformer Oran tout à fait à l'identique de Ouargla», a-t-il sermonné. Il est vrai que cette petite phrase a déclenché le fou rire de plusieurs dizaines de spectateurs, mais le comédien, mis dans la peau du candidat au poste du maire, est très métaphorique dans son expression.
Une telle sentence, lancée d'un ton hautement humoristique, symbolise que la ville d'Oran, telle qu'elle est prise en charge par ses responsables, est encore loin d'être au diapason avec les nouvelles mutations régionales urbanistiques et autres.
Mohamed Mihoubi suggère cette distance et le large fossé qui sépare les responsables locaux de la réalité par l'aridité de la politique de développement local, entérinée par ces derniers. Le comédien qui a provoqué un fou rire chez les présents durant tout son spectacle, a été très véhément vis-à-vis des responsables locaux et leur politique de gestion de la ville et de ses habitants.
Avec B Rebbi maire, Mihoubi rejoint donc le rang des grands interprètes de one-man-show, moqueurs comme Dieudonné qui continue à déprécier le sionisme international et l'auteur de Tous les Algériens sont des mécaniciens, en l'occurrence Mohamed Fellag.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AïT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com