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Du raï pour célébrer le 5 Juillet



Du raï pour célébrer le 5 Juillet
Cheb BilalLe 5 juillet n'est pas à ranger au second rang dans une ville qui a donné naissance au premier martyr de la guillotine coloniale, Ahmed Zabana.Fini le bon vieux temps où la défunte Ouarda El Djazaïria faisait le bonheur des Algériens, alimentant davantage leur patriotisme en leur fredonnant, de sa voix suave, son célèbre hymne connu des nationalistes du monde entier, Biladi ouhibouki (Ma patrie, je t'aime). Une nouvelle époque et de nouvelles traditions, écartant à petites doses, le chant nationaliste, s'établissent.En effet, les responsables en charge de la collectivité d'Oran ne se démènent plus trop pour célébrer l'anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, la Fête de l'indépendance et de la jeunesse qui coïncide annuellement avec la journée du 5 Juillet. C'est comme s'il s'agissait de la célébration d'une simple journée qui passe sans trop de fracas ni de paillettes ni encore moins des feux de la rampe.Ce qui n'était pas le cas durant le mandat 2007-2012, marqué par la mise en place d'une gigantesque festivité baptisée au nom du festival de la «karama» ou encore festival de la dignité. Dans ce festival, enterré à l'avènement de l'actuelle composante municipale, les festivités commémorant le recouvrement de la souveraineté nationale, ont été dominantes pendant plusieurs journées. Il est, certes animé par des raïmen et raïwomen, mais sans être figé ni limité à une seule journée passagère. Car, plusieurs autres chanteurs, des quatre coins du pays, se relayent à tour de rôle sur la grande scène du théâtre de Verdure d'Oran. En tout cas, c'est du moins ce que l'on peut extrapoler du programme tout timide concocté cette année par la municipalité d'Oran, en faisant appel à l'interprète du raï provocateur, le grincheux cheb Bilal.Loin d'une quelconque critique d'humeur, le 5 Juillet n'est pas à ranger au second rang dans une ville qui a donné naissance au premier martyr de la guillotine coloniale, Ahmed Zabana. Si l'APC a fait de ce grand repère de l'histoire contemporaine de l'Algérie un simple fait de passage, la wilaya d'Oran a pris à l'avance ses devants en valorisant les hommes et les femmes ayant marqué l'histoire de la guerre de Libération nationale en sacrifiant la beauté de leur jeunesse pour que vive la Patrie. Dans le tas, le tramway d'Oran a été baptisé au nom des martyrs frères Belazoug. Le nom de Zabana est encore une fois immortalisé en le donnant à une unité de la Protection civile.Le reste des activités est folklorique comme l'a démontré le spectacle donné dans la nuit de mardi à mercredi par cheb Bilal.Ce chanteur algérien, connu de tous les jeunes, n'a pas non plus lésiné sur son temps pour répondre par sa présence à la demande pressante qui lui a été faite par l'APC d'Oran en faisant appel à sa voix et son verbe. Sans faire dans la dentelle, il a enflammé les planches du théâtre de verdure Hasni-Chakroune malgré son verbe cru. Cheb Bilal, dès qu'il a été mis sous les feux de la rampe, ne s'est pas trop angoissé quant à retrouver ses mots, ses appels à festoyer, son verbe et sa rime, mais surtout à ancrer davantage sa présence dans les esprits de plusieurs centaines de jeunes qui l'attendaient depuis le début de la nuit de mardi.Une foule importante s'est ébranlée comme un seul homme, scandant en choeur les chansons de l'enfant de Cherchell ayant grandi et formé à Oran, cheb Bilal. Du haut du podium, le raïman, accompagné de son orchestre habituel, a tout simplement chanté, ses anciennes et nouvelles chansons. Face à lui, une assistance non moins nombreuse répétait, comme dans une grande chorale, ce que plaidait l'homme chauve aux lunettes teintées. Il est vrai que Bilal se particularise par son chant différent de celui des autres chebs et autres chabate. Cela n'empêche qu'il leur dispute le terrain en défendant son style qu'il a cadré avec le raï, malgré sa voix collant de loin avec ce chant au verbe le moins que l'on puisse dire au seuil des ménades, vu sa déliquescence et le délabrement des paroles collées à des arrangements synthétiques contenant peu de notes acoustiques. C'est ce genre de raï qui passe par les temps actuels. Celui de Bilal n'est plus à faire valoir, étant donné que l'interprète a accédé à un tel chant par la grande porte, en faisant sienne la défense des causes juvéniles, mais également celles des classes sociales démunies en quête du bout du tunnel en déplorant les maux sociaux. C'est ce qui a valu le ralliement des masses juvéniles à la cause plaidée par Bilal en interprétant, sans avoir froid aux yeux, des chansons à la portée de tous ces jeunes quémandant la vie à leur guise.Il s'agit là de la première festivité estivale animée par l'APC d'Oran dans le cadre de la célébration du 55e anniversaire de l'indépendance. «D'autres activités suivront à la faveur des soirées rentrant dans le cadre des animations de la saison estivale», s'engagent à dire des sources proches de la municipalité d'Oran expliquant que les «budgets font toutefois cruellement défaut!». Et encore, ces festivités sont prises en main par l'Office national de la communication et de l'information, l'Onci. Cet Office ouvrira le bal le 9 juillet en organisant un spectacle animé par le King du raï, cheb Khaled.La clôture, prévue pour le 17 du même mois, sera assumée par le prince du raï, cheb Mami. Jusqu'à l'heure actuelle, aucun agenda n'est encore arrêté par cette municipalité dont les responsables continuent à vanter Oran la plaçant en tant que locomotive guidant le secteur du tourisme national.
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