Une petite addition des bilans livrés par les directions régionales du Commerce nous donne plus de 24 tonnes de produits alimentaires impropres à la consommation saisies depuis le début du Ramadhan dans les wilayas de l'Est, du Centre et de l'Ouest. Viandes, produits laitiers, boissons et gâteaux constituent le gros des saisies. Non conformité aux conditions de conservation, non indentification de l'origine, avarie de produits, non respect des conditions d'hygiène et produits provenant d'abattages clandestins sont les principales infractions. Quant à la valeur vénale de ces produits, elle se chiffre en centaines de millions de dinars. Un autre bilan, établi celui-là par le ministère du Commerce, rapporte une quantité bien plus importante de marchandises non conformes ou impropres à la consommation saisies, durant les premiers jours du mois de Ramadhan seulement : 57,5 tonnes. Les services de contrôles ont relevé en tout 13 316 infractions à la réglementation. Ces quelques chiffres donnent une idée de ce qui est proposé sur le marché au consommateur algérien et des risques d'empoisonnement qu'il encourt à tout moment, tout achat. Car, ce ne sont pas tous les produits dangereux mis en vente qui sont contrôlés et retirés du commerce, les contrôleurs ne pouvant être partout à la fois. Et là apparaît toute l'importance des associations de protection du consommateur. La complémentarité de leur action sur le terrain avec les opérations de contrôle est avérée et nécessaire. La sensibilisation du consommateur qui est dévolue à ces associations est à elle seule une arme tout aussi offensive que défensive qu'elles pourraient faire jouer et même mettre à la disposition de l'administration. Conscients des dangers qui les menacent et de leur capacité de changer les choses, les citoyens s'impliqueraient dans la lutte contre toutes les fraudes s'ils avaient une adresse, un numéro de téléphone, un mail où ils pourraient signaler les infractions qu'ils auront relevées. Dès lors, un réseau d'alerte sera constitué. Ce maillage du marché permettra de signaler le moindre écart ou danger à l'association qui relayera l'alerte à l'administration. Cette organisation, qui a fait ses preuves ailleurs, n'est pas difficile à mettre en place, si on a les associations qu'il faut. Or, en Algérie, c'est ce qui manque. Dans les textes on a un paquet d'associations, mais pas l'ombre d'une sur le terrain qui sensibiliserait, éduquerait, alerterait et, si besoin, mobiliserait, les consommateurs inconscients, irresponsables ou ignorants. Qui accepterait d'acheter ces breuvages douteux qu'on appelle mensongèrement «cherbet», de la viande non contrôlée, des aliments avariés s'ils connaissaient les dangers que leur consommation induisait ' Quel marchand oserait vendre des produits impropres à la consommation s'il savait qu'il pouvait être dénoncé par n'importe qui parmi ses clients ' La réponse à ces deux questions suffit pour dire la nécessité de ce mouvement associatif qui attend toujours de voir le jour en Algérie.H. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com