Oran - A la une

Du noir jaillit la luminosité...



Forcer le détail, l'accentuer pour «le banaliser» est le propre de la démarche de l'artiste.L'artiste Mizo revient avec une nouvelle expo intitulée ironiquement l'opéra d'Afrique. Le vernissage a eu lieu dans un prestigieux endroit à Alger, décliné en concept store. Toujours avec son style de Art mix média, L'artiste qui mélange la photo à la peinture arrive encore à nous surprendre par cette belle exposition qui rend non seulement hommage à la culture africaine, mais en fait ressortir sa valeur et sa quintessence en donnant à voir par excès dans certains endroits ce qui est ancré dans «l'image collective qu'ont la plupart d'entre nous de l'Afrique.» nous indique-t-il parlant de ces oeuvres.
Les masques en force
Et de souligner: «Cela est dû sans doute par ignorance, méconnaissance ou par travestissement de la réalité, qu'on voile et on ne veut pas voir.» Pour ce faire, l'artiste a fait appel à deux modèles de femmes algériennes. Une blonde et l'autre noire. L'une est flanquée de tissu de wax et est noyée le plus souvent dans un décor constitué de masques africains ou totems. L'arrière-plan lui, est souvent nimbé de signes qui sont à la fois empreintes esthétiques évidentes, mais aussi témoins d'un patrimoine ancestral qui ne dit pas son nom. Mais il y a l'autre modèle, cette fille que l'on devine noire et dont l'image s'efface dans certains tableaux ou au contraire donne la pleine mesure majestueuse au continent mère, l'Afrique. Forcer le détail, l'accentuer pour «le banaliser» est le propre de la démarche de Mizo qui estime que l'Afrique ce n'est pas que les masques et les bracelets, mais c'est plus profond que ça...». Et de renchérir: «Chez la seconde fille qui est black, il y a la force de l'Afrique ancestrale que tout le monde ignore. Il y a aussi des codes à déceler...» En effet, une certaine aura indescriptible émane de ces autres oeuvres paradoxalement sombres...
Sombre et beau
Toujours à l'affût pour déjouer le sens de ses tableaux et loin d'être manichéen, l'artiste exprime ainsi sa façon, cette absurdité du fantasme lié à l'univers africain, mais bat en brèche encore cette tendance qu'avaient nos mères à nous forcer le soir à former un «kardoun» de nos cheveux pour les aplatir et ne pas ressembler à une «ouassifa» (noire) comme certaines affublaient leur enfant. Les cheveux raides, un canon de beauté qu'il dénonce, y compris dans nos sociétés maghrébines... Une tendance qui enchaîne les filles dans cette forme d'archaïsme primaire comme il est aussi illustré par ces cordes qui entourent le corps des femmes dans un ou deux tableaux, une manière de rappeler aussi cet esprit d'esclavagisme... contemporain! Et de finir par cette conclusion sous forme d'interrogation:
«C'est là où l'on doit se poser cette question importante: sommes-nous de vrais Africains ou pas'» A méditer. L'opéra d'Afrique est en tout cas une très belle exposition à visiter dans un espace tout aussi cosy et convivial que cette résidence Poirson, sise à El Biar.
En effet, ce sont plus d'une vingtaine d'oeuvres en grands formats, déclinées en couleurs et ou en noir et blanc qui ornent les cimaises de ce sympathique lieu. Une belle découverte à connaître!
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