Oran - A la une

Double fracture



L'opinion publique a tendance à croire que la fracture numérique sépare uniquement les pays du Nord des pays du Sud, sur le plan de l'accès, qui est inégalitaire, aux technologies numériques. En vérité, cette fracture se prolonge dans les pays du Sud eux-mêmes, lesquels se divisaient en deux catégories : ceux qui ont pris le pari des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour ne pas rater le train de la révolution informatique et ceux qui traînent la patte. Comme, précisément, l'Algérie.On tombe ainsi de très haut de savoir que notre pays vient largement derrière nos voisins marocains et tunisiens en matière de pénétration d'Internet dans les foyers. Et même derrière le lointain Soudan. À peine 30% de la population ont le privilège d'accéder au bout d'un clic à l'univers numérique de la Toile. Et encore. C'est d'autant plus incompréhensible qu'en termes de moyens potentiels, l'Algérie est censée être à plusieurs étages au-dessus de ses voisins.
Où est alors le problème ' Bonne question ! On revient encore au politique. Les responsables, qui nous gouvernent, qui ont la décision politique, constituent une gérontocratie ringarde loin, très loin de l'univers numérique. Il y a dans leur démarche un peu d'ignorance mais surtout beaucoup de méfiance et de frilosité à avoir une politique de promotion et démocratisation des nouvelles technologies. Surtout, après ce qu'on appelle le Printemps arabe dont les réseaux sociaux ont été les fers de lance.
Signe patent de cette peur paranoïaque de nos gouvernants, qui ne tarissent pourtant pas de discours élogieux dédiés aux nouvelles technologies : le retard énorme accusé dans l'introduction des TICS au niveau du gouvernement, des administrations publiques. Qu'on se rappelle aussi de ce bide que fut la fameuse opération Ousratic dont l'ambition était de doter un grand nombre de foyers algériens de PC à des prix raisonnables. Et la 3G, qui est devenue un objet de risée publique, à force de déclarations et de contre-déclarations des ministres impliqué ' Quid encore du dossier Djezzy '
Autant de questions qui expriment, au fond, une ambivalence d'un pouvoir qui se veut, dans le discours, à la pointe de la révolution numérique, mais dans la réalité, il freine des quatre fers, redoutant de ne pas en maîtriser tous les effets.
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