Deux aventuriers invétérés
Après le Sri lanka, l'Ethiopie et Haïti, nos deux voyageurs français, un d'origine sénégalaise et l'autre marocaine, étaient en Algérie pour prendre le pouls et restituer la réalité à travers des photos et des vidéos. Ils nous en parlent!
Naïl Ver-Ndoye et Mahmed Binakdane sont deux globe-trotters qui voyagent dans le monde, visitent des territoires en marge du tourisme de masse, des destinations victimes de préjugés et réalisent des mini-vidéos toujours naturelles et pleines de bonne humeur...leur mission en gros est de casser les préjugés et les idées reçues sur ces pays dits à risque auxquels l'on colle l'étiquette de dangereux. Après le Sri Lanka, l'Ethiopie et Haïti, ils étaient la semaine dernière en Algérie où ils ont sillonné pas mal de villes du pays dont Alger, Béjaïa, Tizi Ouzou, Azeffoun Oran et enfin Djanet, un passage obligé, selon eux, pour compléter leur regard sur l'Algérie. Là, ils sont subjugués par le Tassili n'Ajjer où ils vécurent pendant six jours avec les Touareg. «C'était une expérience incroyable!» nous dira Naïl. Rencontré à leur retour de Djanet, nous avons retrouvé deux hommes qui se disaient «tristes», la veille de leur départ car ils devaient quitter «un pays magnifique où l'on n'a eu que de belles surprises avec les gens, leur hospitalité, vu de magnifiques paysages...», nous confiera pour sa part Mahmed qui, les yeux emplis de souvenirs emmagasinés se souvient de la chaleur de ces gens qui les invitaient chez eux à prendre un café ou à manger dans une ambiance simple des plus étonnantes. Et Naïl de renchérir: «Ce qui nous a touchés en fait c'est tout ce contraste qui peut exister entre ce qu'on peut dire sur l'Algérie et les Algériens -parce qu'on différencie les deux- et ce qu'on a constaté. Entre les représentations qu'on peut avoir sur l'Algérie, du moins celles qui sont véhiculées en France et la réalité, car il y a une grande différence. C'est-à-dire qu'on a vu un peuple super-ouvert, toujours chaleureux et aidant. Faute de guide, à chaque fois, les gens nous orientaient, voulaient faire un bout de chemin avec nous et nous expliquaient les choses. On nous transportait en voiture. On nous a payé des cafés, parce qu'on avait oublié notre argent... Ce sont des petites choses superbes que l'on ne trouve pas en France.». Evoquant les grands espaces et paysages qui les ont marqués, Mahmed Binakdane évoque l'architecture des villes avec cette petite touche française saisissante. Et Naïl de renchérir: «C'est vraiment ça! L'architecture, l'histoire notamment à Tipasa avec ces ruines phéniciennes, romaines, ottomanes et puis le désert... c'est ce qui nous a émerveillés...». S'agissant du tourisme algérien Mahmed nous avouera que l'Algérie possède «un potentiel énorme», même si certaines choses ne sont pas mises en valeur, notamment les plaques informatives «pour savoir se diriger à côté des monuments par exemple pour expliquer le lieu et son histoire et forcer les Algériens à se rendre compte de cette richesse-là». Toutefois, nos deux hôtes se diront assez contents par la ville de Béjaïa où une association se plaisait à faire de la promotion touristique ainsi qu' à Oran où l'on pouvait distinguer néanmoins un peu plus de plaques touristiques. Notons que nos deux aventuriers ont tout au long de leur périple pris des photos et filmé leur présence dans les divers lieux visités.
Des images que vous pouvez retrouver sur YouTube mais aussi sur leur page facebook sous le nom de Blackpacker et instagram (blkpacker). «On est naturel et spontané. On essaye toujours d'apporter quelques éléments historiques sur là où l'on va sans jamais se prendre pour un documentariste. On préfère apporter une info de façon ludique, légère et simple pour que les gens nous suivent et accrocher le regard.» D'ailleurs il faut le faire! Unis par l'amour du voyage, et la découverte de pays dits «marginaux», nos aventuriers, un enseignant en histoire-géo et écrivain (a un livre sur la représentation des Noirs dans la peinture européenne depuis la renaissance jusqu'au XXe siècle qui va bientôt sortir) et l'autre, cadre dans la Fonction publique parisienne, plus précisément, directeur du développement de la vie associative et citoyenne, se plaisent à souligner leur attachement à ce genre de voyage qui leur permet «de partir loin pour se découvrir et se retrouver» autrement dit «partir pour mieux revenir.» Pour Naïl, ces voyages «n'ont pas forcément pour but de montrer une image positive du pays mais plutôt la réalité tout court, mais aussi de faire partager des émotions et des fragments de vie et de rencontre humaine». Si les destinations fréquentées paraissent loin pour certaines, une des plus inattendues, nous fera sourire, tant son choix semble bien incongru. Il s'agit du 93 à Paris! Deux vidéos ont été consacrées à cette partie parisienne victime souvent de préjugés et d'images négatives. «Tu connais la réputation du 93 eh bien on a été visité ses monuments et discuter avec des gens...»
En somme, un travail lucide, voire socio-pédagogique des plus intéressants même si c'est très sympathique au fond ce que font nos deux jeunes férus de voyage. Un travail sérieux en somme au-delà des apparences qui méritent toute attention et admiration. Bravo les gars!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com