Oran - Revue de Presse

Discipline gouvernementale



Si les experts pensent avoir trouvé les règles de «bonne conduite» en économie, les politiques eux, continuent de s'empêtrer dans des contradictions ignorant superbement la discipline gouvernementale.

Les problématiques exposées hier à l'hôtel El Aurassi ont été pratiquement calquées sur celles posées par le ministre de l'Industrie et de la promotion de l'investissement, dans sa stratégie industrielle. Temmar a bien recommandé au titre de l'entreprise «d'adopter des référentiels par rapport aux standards internationaux et des programmes de mise à niveau, d'orienter et de coordonner les politiques de mise en oeuvre des programmes de mise à niveau et enfin d'assurer une veille stratégique.» Il avait retenu que «le financement bancaire pour tous les programmes initiés sera renforcé par le développement d'instruments d'intermédiation financière à l'exemple des sociétés de capital-risque, les fonds et caisses de garantie, les banques d'investissement, les caisses mutuelles et les sociétés de leasing.» Hamid Temmar a misé sur la projection des entreprises dans l'après-pétrole en préconisant «le renforcement des structures d'appui à l'exportation et des mesures d'accompagnement de celles à potentiel d'exportation hors hydrocarbures.» Dans une rencontre avec le patronat en octobre dernier, Temmar avait présenté un projet de stratégie et une politique de mise à niveau de l'entreprise algérienne notamment celle privée. Le texte portait sur «les modalités concrètes d'accompagnement de l'entreprise sur les plans de ses capacités de gestion, d'organisation, et d'engineering ainsi que de modernisation des équipements de productivité.» Les deux parties avaient évoqué «le rôle que doivent jouer le système bancaire et les autres partenaires dans le financement des programmes.» Mais Temmar et Benbada s'étaient, à l'époque, tourné le dos pour une histoire de paternité des programmes en question. D'ailleurs, pour mettre fin aux clivages entre les deux responsables, Temmar devait mettre sur pied une instance de coordination de l'ensemble des programmes initiés. Il devait l'appeler «institut national de compétitivité.» Il prévoyait de lancer un programme devant toucher un millier d'entreprises par an sur une durée de 5 à 7 ans. «Le projet est toujours d'actualité mais il y a des problèmes d'ordre juridique qui doivent être réglés,» nous a-t-on dit hier. Entre temps, l'on avait dit que Temmar et Benbada avaient été rappelés à l'ordre par Ouyahia à son retour à la tête de l'Exécutif. Il l'aurait fait au nom précise-t-on «du respect de la discipline gouvernementale.» Discipline qu'il a lui-même ignorée hier lors de son passage sur les ondes de la radio nationale en disqualifiant le travail de ministre. Encore une fois, Temmar est dans le collimateur, cette fois dans celui du Premier ministre après l'avoir été dans celui du président de la république. Si Bouteflika l'avait en effet, déjugé publiquement en juillet dernier en présence des responsables des collectivités locales, Ouyahia l'a fait hier à travers les ondes par un «la stratégie industrielle n'a jamais été adoptée par le conseil des ministres, elle a été plus une histoire de propagande qu'elle n'a été mise en oeuvre.» L'on nous a noté que «Temmar est prêt à jeter le tablier mais on ne veut pas de problèmes avant les élections.» Hier, à l'Aurassi, son départ était évoqué avec insistance. «Après les élections,» avance-t-on ironiquement.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)