
Certaines pays arabes tournent le dos au drame qui se déroule à GhazaLe pouvoir d'agir des nations peut se mesurer à leur capacité à anticiper les choses et les événements.Ainsi, lorsqu'un pays est capable de mobiliser les moyens adéquats pour estimer des comportements futurs de quelques facteurs importants, lorsqu'il a la capacité de prévoir l'évolution des éléments qui l'importent et lorsqu'il peut, en conséquence, planifier pour orienter ces évolutions ou son action pour y faire face, on peut dire sans erreur que ce pays est développé et peu importe si la traditionnelle classification (absolument pas neutre) ne lui réserve pas une place dans cette catégorie.La disposition des pays à dormir, cependant, peut se mesurer à plusieurs critères. L'un des plus importants, à notre sens, est la tendance de ce pays ou cette nation à croire aux miracles et, surtout, à compter sur ces miracles pour espérer infléchir le cours des choses et orienter l'évolution de l'Histoire en sa faveur.A chaque fois qu'Israël attaque et assassine des centaines de Palestiniens, il y a comme un effet de surprise qui vient frapper les pays arabes d'une paralysie qui les «empêcherait de réagir». Pourtant, ce n'est pas chose nouvelle, car depuis près de 70 ans, Israël n'a eu de cesse de malmener les Palestiniens, en particulier et les Arabes, de manière plus générale et, durant ces trois quarts de siècle, ces pays auraient dû tout de même apprendre à prévoir les comportements des va-t-en guerre israéliens. Mais tel n'est malheureusement pas le cas.Au lieu de penser à faire un effort de planification qui viserait à anticiper les attaques sauvages israéliennes et à agir de manière à mobiliser avec certitude et efficacité la communauté internationale, nous, Arabes, préférons nous tourner vers d'autres choses, plus confortables certes, mais beaucoup plus inefficaces sans doute.Les comportements négatifs, le charlatanisme, les augures, les conjectures, les rêves, les souhaits, les incantations mal comprises et les prophéties mal utilisées sont les armes qui, depuis 70 ans, n'ont rien donné et qui ne sont pas près de donner quelque chose.Dans nos mosquées, les prêches du vendredi sont toujours ponctués par des appels à Dieu pour qu'il détruise les Israéliens et les mécréants et pour qu'il rehausse le rang des musulmans! Mais comme Dieu ne fait pas le travail à la place de ses créatures, voilà des siècles que les musulmans continuent d'implorer Dieu sans résultat. Ils invoquent des versets du Coran à l'appui, mais ce qu'ils n'ont pas compris, c'est que les versets du Coran, non plus, ne font pas le boulot à la place des hommes. Rester là, des millénaires à lever les mains vers le ciel puis aller faire le marché et oublier d'appuyer sa demande, c'est l'erreur fatale que les Arabes ont toujours commise et qu'ils continuent à commettre encore aujourd'hui.Par ailleurs, tout ce qui conforte leur position d'immobilisme indélébile est bienvenu dans une conception mille fois rétrograde et incroyablement défaite. Ainsi, lorsqu'un soi-disant rapport d'on ne sait quels services américains prévoit la fin d'Israël en 2025, les médias arabes se pressent de divulguer l'information tout en prenant soin de la commenter et de jurer dans toutes les langues que ce rapport est authentique, que l'étude qui lui a donné lieu est très sérieuse et que, donc, Israël va disparaître d'ici une dizaine d'années.Les Israéliens retourneront chez eux à cause de la peur, soulignent les commentaires passionnés des journaux qui ont rapporté l'information relative à ce rapport. Certains ne manqueront certainement pas de mettre en avant prophéties et versets avant de conclure que c'est la preuve que Dieu aide bien les croyants. En réalité, il faut d'abord être croyant et ensuite, il faut mériter l'aide de Dieu, car le fait d'être croyant, à lui seul, ne suffit pas. Dieu lui-même l'a dit et répété dans toutes les religions qu'il a révélées aux hommes. «Aides-toi et Dieu t'aidera» avait-il dit à Jésus et «Aidez-vous de Dieu» a-t-il dit à Mohammed (Qsssl) qui avait dit lui-même «I'kalha wa tawakkel» (attache-la et aides-toi de Dieu). Mais nous ne retenons que la seconde partie «tawakkel» qui prend alors une tout autre signification que celle qui est sienne. Quand est-ce que les Arabes comprendront-ils enfin qu'ils ne vaincront jamais Israël avec les prêches' Quand finiront-ils donc par s'apercevoir que les mains tournées vers le ciel ne font pas pleuvoir et encore moins reculer la sauvagerie des Israéliens tant qu'elles ne sont pas accompagnées par des actes responsables et courageux'Dieu aide les croyants, c'est sûr, mais ainsi qu'on l'a dit plus haut, il faudrait que l'on soit d'abord croyants et que nous méritions cette aide. Or, de la foi, en général, nous n'avons retenu que les apparences. Une barbe et un trois quarts de pantalon.A l'afghane de préférence! Comme si l'Islam passait par cette impasse incroyablement absurde. Comme si l'Islam se réduisait à une sottise. Hacha lillah pourtant, hacha! Etre musulman n'est ni se vêtir comme des Saoudiens, ni s'habiller comme des Afghans, ni tenter de reproduire le comportement des ancêtres d'il y a 14 à 15 siècles, non, ce n'est pas cela du tout.Etre musulman n'est pas, non plus, une hargne à compliquer les choses ou à les complexifier en imposant d'impossibles conditions aux hommes là où Dieu lui-même n'en a pas mises.Notre religion est bonne, elle est divine et c'est en nous qu'il faut chercher la faille ou la catastrophe. Implorer Dieu n'est pas une hérésie, mais l'implorer sans rien faire est une attitude absolument insensée» et ridicule.A cet effet, il nous revient à l'esprit l'histoire de ce «bon» musulman qui, un jour, s'était mis à implorer Dieu depuis la prière du Fejr à celle d'El Icha sans bouger de la mosquée. Après deux ou trois jours, et après avoir accompli la prière, l'imam lui demanda la cause de cet acharnement soudain sur l'invocation. Il lui répondit qu'il demandait à Dieu un garçon. L'imam ne commenta pas et s'en alla.Deux mois passèrent, l'homme continuait toujours à implorer Dieu avec la même force et la même intensité et un jour l'imam, inquiet, lui demandait si sa femme avait des problèmes qui l'empêchaient de tomber enceinte. «Mais je n'ai pas de femme!» lui dit-il, alors l'imam lui donna un coup de pied et lui ordonna de sortir. «Va d'abord te marier et tu demanderas des enfants ensuite!» lui ajouta-t-il lorsqu'il fut sur le seuil de la porte de la mosquée.La situation des Arabes ne diffère pas de celle de cet homme. Ils invoquent Dieu sans s'aider d'abord eux-mêmes!
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aissa HIRECHE
Source : www.lexpressiondz.com