Oran - Revue de Presse

Deux nouvelles condamnations à Oran: L'affaire des faux bons d'essence de l'ANP revient



L'affaire des faux bons de carburant des 1ère et 2ème Régions militaires (RM), qui remonte à l'année 2003, a refait surface avec le procès qui s'est tenu, hier, devant le tribunal criminel d'Oran.

Au box des accusés, deux présumés membres du réseau du trafic, arrêtés au bout d'une courte cavale, M.T. et M.A. Côté opposé, la partie civile : une légion d'institutions victimes : le ministère de la Défense nationale (MDN), Naftal, des stations-services privées et des agences de location de véhicules. Ce procès constitue, en quelque sorte, la suite de celui tenu en mars 2006 devant la même juridiction, lequel avait donné lieu à des condamnations allant de 5 à 20 ans d'emprisonnement par contumace, rejugé par la suite en cassation ou après opposition. Le dossier Genèse de l'affaire : mars 2003, la direction régionale de Naftal informe les services de la police judiciaire militaire de la 1ère Région militaire avoir découvert 1.727 faux bons de carburant - gasoil et essence - présentés pour paiement par des gérants de stations-services établis à Oran et à Mostaganem. Après investigations, deux suspects, M.A. et A.R., ont été arrêtés le 5 mai 2003. Lors de son audition, le gérant d'une station d'essence à Hassi Bounif, périphérie est d'Oran, a déclaré que ses employés ont reçu, durant le mois de mars 2003, des bons frappés du cachet de la 1ère RM en quantité surabondante (pas moins de 1.961 bons), présentés par un inconnu, conduisant une Clio immatriculé 16, qui se ravitaillait, « d'une seule traite », en citernes de 200 litres, soit l'équivalent de 1,14 million de DA. Le client se faisait passer pour un haut officier de l'ANP, selon les pompistes. Le gérant d'une autre station-service, au quartier de Saint Eugène, a déclaré avoir été la proie à ce même trafic, deux mois auparavant. Lui, il a eu affaire à un autre faux officier militaire, conduisant une Hyndaï immatriculée 16, qui a réussi à faire passer 524 bons falsifiés. Lors de son interrogatoire, le mis en cause M.A. a avoué qu'en juin 2002, à Alger, un certain Abderezzak lui avait proposé l'achat de 400 carnets « vierges », sans entête ni griffe de l'ANP, contenant chacun 12 bons de carburant avec un cachet contrefait de la 1ère RM. M.A. et son partenaire A.R. ont accepté le marché. Sitôt rentrés à Oran, ils ont commencé à « escompter » ses bouts de papiers en or, ciblant des pompes à essence privées, éparpillées çà et là. En l'espace de quelques semaines, les deux trafiquants ont fait belle recette : 80 millions de centimes. Voyant leur négoce prospérer, et pour faire le plein, le duo a décidé de coopter un nouvel élément. B.A.M., adhérera au groupe en décembre 2003. Cet informaticien de formation aura le rôle de reproduire les faux bons d'essence, à l'aide du matériel acheté par la bande. De leurs gains, de plus en plus abondants, les trafiquants ont même acheté des voitures neuves, dont une Polo. La bande a maintenant son atelier-imprimerie, son parc roulant, son parc de stockage... Bref, de vrais professionnels désormais ! Ou presque, puisqu'ils n'ont pas pu résister à la boulimie, à l'appel du gain rapide et facile. En effet, ces bons commençaient à inonder le marché, ce qui n'a pas été sans mettre la puce à l'oreille des pompistes à un moment donné. L'avocat général a requis 15 ans de réclusion contre les deux accusés. A l'issue des délibérations, M.T a été condamné à cinq ans de prison ferme et M.A à sept ans de réclusion.


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