
Selon l'accusation, les deux hommes ont mis le feu à la mansarde du frère de T. B. Mahieddine, un soir de février 2016 après avoir menacé ce dernier avec des armes blanches.Mohamed et Ali K. sont deux frères qui ont été maintenus en détention pendant près d'une année sous les chefs d'accusation d'incendie volontaire et contrefaçon de monnaie.À tort cependant puisqu'à l'issue de leur procès qui s'est tenu jeudi dernier au tribunal criminel près la cour d'Oran, ils ont été acquittés. Selon l'accusation, les deux hommes ont mis le feu à la mansarde du frère de T. B. Mahieddine, un soir de février 2016 après avoir menacé ce dernier avec des armes blanches.C'est, du moins, ce que la présumée victime soutiendra le lendemain devant la police de Sidi Chami en portant plainte contre Mohamed et Ali K. Il explique qu'il habite à Sidi Chami mais qu'il se rend tous les jours dans le bidonville de haï Nedjma (ex-Chteïbo) pour garder la masure de son frère qui se trouve en prison.Il affirmera que le soir en question, il avait eu des mots avec les deux frères, habitant dans le voisinage, que ceux-ci l'ont menacé avec des armes blanches avant de mettre le feu à la mansarde une fois qu'il est rentré chez lui à Sidi Chami. Une enquête est alors ouverte par les services de police qui perquisitionnent les domiciles de Mohamed et Ali (qui vit dans la maison familiale) : selon l'arrêt de renvoi, ils trouvent "des armes blanches" et "un faux billet de 50 euros" dans le second domicile. Interrogé, Ali affirme qu'il dormait au moment des faits. Quant au faux billet, il expliquera qu'il n'a aucune explication rationnelle : tout ce qu'il sait, c'est qu'il y a beaucoup de mouvement dans la maison et que n'importe qui aurait pu l'y poser. Telle est la version qu'Ali livrera pendant que son frère demeure introuvable et est considéré comme étant en fuite. À l'audience Mohamed expliquera qu'il ne s'est pas rendu à la police "parce qu'elle avait refusé de prendre le témoignage des voisins. J'ai eu peur et pris un avocat qui a constaté cette aberration et saisi le procureur de la République".De fait, malgré l'injonction du procureur de la République, les enquêteurs ne prendront jamais les témoignages (tous à décharge) que les voisins voulaient apporter.Mohamed finira par se rendre sur le conseil de son avocat et sera inculpé des deux chefs d'accusation d'incendie volontaire et contrefaçon de monnaie. Lors du procès de jeudi, en l'absence du plaignant, de nouvelles révélations permettront d'éclairer l'affaire d'un jour nouveau. Mohamed, d'abord, dépose : "T. B. Mahieddine avait transformé la mansarde de son frère en lieu de débauche avec la complicité d'un voisin dénommé S. Ahmed. Tout le temps, c'était les femmes, la boisson et la musique à tue-tête. Le fameux soir, je lui avais fait remarquer qu'il y avait des familles et des enfants dans le voisinage et qu'il devait faire preuve de retenue. Le ton est monté et nous en sommes venus aux mains mais les voisins sont très vite intervenus. Mon frère est sorti et m'a raccompagné chez moi. Je ne suis ressorti que lorsque j'ai entendu des gens crier au feu." Mohamed ajoutera qu'il avait déjà été poursuivi par S. Ahmed dans une affaire d'agression mais qu'il avait été relaxé, en première instance, par le tribunal correctionnel d'Es Sénia, territorialement compétent, et en appel par la cour d'appel d'Oran.Pour l'accusé, il ne fait aucun doute que c'est Mahieddine et Ahmed qui sont derrière l'incendie volontaire dans le but de l'incriminer avec son frère. Ali, lui, certifiera qu'il est innocent de toutes les charges et ajoutera que lors de la perquisition, et en fait d'armes blanches, la police n'avait trouvé qu'un vulgaire marteau. Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public tentera timidement de démonter la culpabilité des accusés en s'appuyant sur leurs relations tendues avec le plaignant (ce qui laisse supposer l'existence de différends, dit-il) et les conséquences que leurs actes (l'incendie) auraient pu avoir sur le voisinage. Il affirmera que les faits sont établis, la culpabilité démontrée par des preuves et requerra 20 ans de réclusion criminelle. Pour la défense, le dossier de l'accusation est une aubaine : entre l'absence de preuves matérielles liant les accusés à l'incendie (témoins directs ou empreintes digitales), le refus de la police de prendre en considération les témoins ? "malgré les injonctions du procureur de la République", s'étouffe l'un des avocats ?, l'origine inconnue de l'incendie, le doute qui pèse sur la neutralité de l'instruction..., les avocats n'ont pas de mal à convaincre de l'innocence de leurs mandants : "L'enquête a été bâclée et les deux frères ont été emprisonnés à tort", concluront-ils en plaidant l'acquittement. Ce que la cour accordera au retour des délibérations, mettant fin au calvaire des frères K.S. Ould Ali
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S Ould Ali
Source : www.liberte-algerie.com