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deux familles «parquées» dans un cimetière Expulsées de leur habitation à Aïn Defla



Trois jours seulement avant la fête de l'Aïd El Adha, les familles Ramdani et Khabez ont été expulsées de leur habitation précaire l A défaut, elles ont dû élire domicile au cimetière Sidi Yahia, situé dans la wilaya de Aïn Defla.
Leur refuge : un grand préau composé d'une toiture et d'une clôture basse en béton, servant initialement de lieu de prière, à l'entrée du cimetière. Pour rappel, ces deux familles, originaires d'un hameau situé dans la commune de Arib (au nord du chef-lieu de la wilaya de Aïn Defla), ont fui leur région au début des années 1990, en pleine montée du terrorisme, et se sont installées à la périphérie orientale du chef-lieu de wilaya de Aïn Defla, plus précisément à Beni Neughlane, sur un terrain appartenant à un privé. Mohamed Khabez, l'un des deux pères de famille, souffrant d'un handicap à la jambe des suites d'un accident de la route, exhibe un document délivré en 1996 par la municipalité de Aïn Defla, attestant de son changement de résidence.
A ce titre, le concerné dira avoir déposé trois dossiers de demande de logement restées, à ce jour, sans suite. Démunies, les familles Ramdani et Khabez sont composées respectivement de 9 et 5 personnes, dont quatre enfants scolarisés et deux jeunes filles inscrites aux cours d'alphabétisation. Ces dernières ne se rendent plus à leurs cours étant donné les circonstances actuelles, nous explique la mère.
Le regard hagard, Saïda Ramdani, collégienne à l'école Fatiha Bessekri, nous a confié : «je ne sais pas si je pourrai poursuivre mes études, car j'ai perdu mes livres et mes cahiers ainsi que des effets vestimentaires lors de la démolition».
La vue de ces deux familles, notamment celle des enfants côtoyant les tombes du grand cimetière, est insupportable. A la question de savoir s'ils voudraient repartir dans leur région d'origine en cas de l'octroi d'une aide à l'habitat rural, c'est la collégienne qui répondra : «Nous avons tout perdu lors de l'exode de ces zones montagneuses et enclavées, où plus personne n'y réside.» «Aucun de nous ne voudrait y retourner, car l'endroit fait peur et ma famille en garde de mauvais souvenirs».
Notons que des membres de l'association caritative El Bessma tentent d'apporter aide et assistance, mais à l'approche de l'hiver, la tâche s'annonce difficile. Sans ressources, ces deux familles sont livrées à elles-mêmes. «Nous avons besoin d'un toit», disent-ils, comme une prière.
Leur expulsion a coïncidé avec les festivités commémorant le 58e anniversaire du déclenchement de la Révolution nationale. D'aucuns espèrent que le début de la campagne électorale APC/APW ne fera pas oublier aux autorités locales leur mission, qui consiste notamment à porter aide et assistance à leurs administrés, d'autant qu'on s'attend à d'autres expulsions dans les prochains jours, selon des sources locales.
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