
La place du 1er Novembre jouxtant le TRO a vibré mardi soir, à l'occasion de l'ouverture du Festival international d'Oran du film arabe.Feux d'artifice et procession de figures marquantes du cinéma issues de la sphère arabe et auxquelles on a déroulé le tapis rouge ont caractérisé cette première soirée. Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, et les autorités locales ont été également de la partie pour fermer la marche. Un public nombreux s'est amassé tout le long du parcours et à l'entrée du théâtre pour approcher de près les «stars», reconnaissables à leurs yeux, ou, faute de pouvoir entrer dans la salle, de suivre le déroulement de la cérémonie officielle sur l'écran géant installé pour l'occasion.Ce n'est pas étonnant si ce sont les vedettes du petit écran qui ont été les plus acclamées. A commencer par Salah Ougrout, ou même Bekhta, du trio El Amdjad, qu'on a prévu d'honorer cette année. «Les films de divertissement n'ont pas besoin de festival, car ils atteignent directement leur public», a fait remarquer le grand réalisateur tunisien Farid Benghedir, qui a été choisi pour présider le jury de la catégorie Longs métrages.Son idée est qu'il y a des films beaucoup plus ambitieux qui aspirent à devenir des miroirs des sociétés dont ils sont issus en traitant et en analysant en profondeur les réalités politiques, sociales et culturelles vécues par les populations. Cette ambition a trouvé un écho favorable chez le ministre de la Culture, qui, dans son allocution pour la circonstance, a beaucoup insisté sur la volonté du gouvernement qu'il représente à redynamiser le secteur du cinéma en Algérie.Des mécanismes seront mis en place pour développer une véritable industrie du cinéma, qui se souciera également de la diversité des thématiques à traiter, mais surtout de la qualité des produits qui seront proposés au public. Azzedine Mihoubi considère que l'Algérie, comme d'ailleurs d'autres pays, a déjà donné des noms illustres pour le cinéma arabe, mais désormais, il ne faut plus se contenter de regarder vers le passé pour s'intéresser à l'avenir de cet art.«Le cinéma doit relever des défis de plus en plus importants, car le destin de la nation arabe ne se joue pas uniquement sur le plan politique, mais aussi sur celui artistique», explique-t-il, en mettant en avant la nécessité de favoriser les coproductions. Cette façon de faire, déjà expérimentée par le passé, permet effectivement de mettre à profit les expériences et les compétences des uns et des autres pour arriver à des résultats probants.Les bases qui permettent d'atteindre ce but commencent par la formation, et c'est ce qu'a souhaité le réalisateur Karim Traidia, président du jury Courts métrages, mais qui a été retenu également pour animer un des ateliers de formation destinés à la jeune génération. Longtemps considéré comme le parent pauvre de la production cinématographique, le film documentaire suscite de plus en plus de l'intérêt et c'est le souhait du réalisateur palestinien Michel Kheleifi, qui préside le jury de cette catégorie. Celui-ci a retenu la diversité et la pertinence des sujets proposés pour cette édition.Cette cérémonie d'ouverture a été surtout caractérisée par un nombre important d'hommages rendus à des hommes et des femmes qui ont marqué de leur empreinte le monde du 7e art. Hassan Benzerari, révélé dès 1971 dans le film Patrouille à l'Est, de Amar Laskri, a été le premier à recevoir sur la scène du TRO un trophée en reconnaissance de son parcours et de sa contribution à l'organisation de cette manifestation.Egalement distinguée, Nadia Talbi a eu un mot pour Lakhdar Hamina, qui lui a donné la chance d'embrasser une carrière cinématographique en lui confiant plusieurs rôles, d'abord dans Chroniques des années de braise, puis dans Le Vent de sable et La dernière image. L'actrice tunisienne, Mouna Noureddine, a évoqué le souvenir de Abdelkader Alloula et son expérience théâtrale sur les planches du TRO, un souvenir qui remonte à l'année 1973.Mais la plus enthousiaste reste sans conteste l'actrice syrienne Raghda, qui, dehors, face aux journalistes ou sur la scène du TRO a réitéré sa préférence pour l'Algérie, son peuple et ses dirigeants. Pour elle, c'est «le pays des hommes libres qui se sont toujours mis du côté de la justice, contre l'arbitraire». A une époque, alors qu'elle défendait le peuple irakien, l'ancien président Ahmed Ben Bella était à ses côtés, et ce souvenir reste ancré dans sa mémoire.A titre posthume, les mémoires de l'écrivain Mouloud Mammeri, de l'acteur Hassan El Hassani, du critique palestinien Bechar Brahim, et de l'actrice égyptienne Karima Mokhtar, disparue en janvier dernier, ont été également honorées. Hormis l'ancien chanteur Boualem Chaker, qui a représenté la famille de l'auteur de L'opium et le bâton, c'est le réalisateur Magdy Ahmed Ali qui s'est exprimé à la place de la famille de l'actrice égyptienne. Celui-ci a profité de cette tribune pour inviter le public à aller voir son film à succès, Mawlana.Non prévu dans le programme initial, une surprise a été réservée au réalisateur algérien Moussa Haddad, qui a rendu davantage plus célèbre le personnage de l'inspecteur Tahar. Commissaire du festival, Brahim Seddiki a indiqué que cette initiative a été prise en reconnaissance du long parcours du cinéaste en faveur de la production nationale. De manière générale, la cérémonie s'est déroulée avec moins de faste, mais en se focalisant sur l'essentiel, c'est à dire le monde du cinéma et c'est tant mieux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com