Oran - Revue de Presse

Des voyagistes s’élèvent contre la répartition des quotas pour le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam



Colère à Oran Depuis quelques jours, c’est l’effervescence au niveau des agences de voyages de la wilaya d’Oran. De nombreux exploitants sont à dénoncer à l’unisson la manière avec laquelle s’est faite la répartition des quotas pour le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam.   L’opération confiée à la commission nationale d’attribution des quotas de pèlerins, relevant du ministère des Affaires religieuses, est très décriée à Oran par des exploitants qui parlent d’«inobservation des critères de sélection des agences de voyages, selon des textes réglementaires». Le traitement accordé à cette opération est même jugé «discriminatoire». «On vient de s’apercevoir que l’opération s’est limitée à la désignation de douze agences. C’est scandaleux car tout s’est passé dans la discrétion la plus totale à telle enseigne que nous avons appris les choses, cette année, est-il pénible de l’avouer, par ouïe dire», soutient un directeur d’agence «écarté de l’opération». Il soutient que le communiqué invitant les agences à retirer le cahier des charges a été publié «dans un quotidien de langue arabe, à tirage limité».«Que devons-nous comprendre?» s’interroge Mme Ghaouti, directrice de l’agence de voyages «le Bel Eden tour», à Oran, qui se demande «comment ne pas désigner du doigt cette fameuse commission» si l’on considère, dit-elle, qu’elle «a reconduit les mêmes agences que l’année dernière, à quelque chose près». «Sur la base de quel critère et au nom de quelle transparence a-t-on désigné cette brochette d’agences de voyages? C’est carrément une gifle qui a été donnée aux professionnels, aux professionnels seulement», explique de son côté, avec un pincement au cœur, M. Midoun Toufik, directeur général de «Zénata voyages», une des premières agences agréées par le ministère du Tourisme en licence A et particulièrement par l’agence internationale de transport (IATA), en se demandant «depuis quand le ministère des Affaires religieuses s’est-il converti en agent de voyage». Et d’ajouter: «Non seulement, nous n’avons pas été informés cette fois-ci, mais l’on a carrément foulé aux pieds la réglementation, celle qui consiste à faire un tri selon des critères de sélection connus de tous les professionnels, comme par exemple l’ancienneté, le réceptif». Les patrons des agences qui n’ont pas bénéficié de quota d’accompagnement de futurs hadjs vont jusqu’à douter des agences retenues en soulignant que beaucoup d’entre elles ne rempliraient pas les conditions exigées. «Pour tout dire, je constate que les anciens ont été exclus de cette opération au profit d’autres considérations. Il y a eu favoritisme en l’air et je préfère ne pas dire plus car on tient à notre sentiment national, ce qui d’ailleurs nous pénalise, au risque de nous discréditer auprès de notre clientèle», dit un directeur d’agence qui ajoute: «Suis-je à ce point moins professionnel, moins représentatif que celui qui vient d’être désigné? Alors?» Le mécontentement est ainsi général à tel point que certains exploitants d’agences de voyages ne vont pas par le dos de la cuillère. «Si au moins il s’agit, disent-ils, de passeports spéciaux, cela ne nous gênerait nullement mais avec des passeports internationaux, là encore, cela ne passera pas. Nous sommes des opérateurs de tourisme, pas des imams. Nous avons aussi des institutions aptes à juger nos compétences, notre sérieux! Et si tel est le cas, qu’on nous demande nos documents!» Il faut dire que le sentiment de frustration est plutôt diffus chez tous les opérateurs de tourisme que nous avons approchés, des opérateurs qui contestent «le travail fait par la commission des Affaires religieuses», au point de demander au gouvernement l’ouverture d’une enquête «pour faire la lumière, toute la lumière sur cette façon d’octroyer 3.000 places pour uniquement 12 agences de voyages au niveau national». Les journées qui viennent seront assurément riches en rebondissements…   Safi Z.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)