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Des subventions pour des dindes



Des subventions pour des dindes
La machine à dépenser du gouvernement est remise en marche par le ministère de l'Agriculture. En plus des différents crédits auxquels ont droit les acteurs de la filière avicole, le gouvernement, nonobstant la loi de finances, décide de les exonérer des droits et taxes douanières. Cette mesure est destinée à compenser la hausse des aliments du bétail, nous explique-t-on.Cette mesure qui va enrichir encore plus des opérateurs économiques, ne réduira pas la dépendance alimentaire de nos poules et de nos dindes. Nos volailles seraient les plus boulimiques de la planète. Elles consomment deux fois plus que les poules et dindes d'Europe, d'Amérique latine ou des pays voisins comme le Maroc et la Tunisie. Cet appétit de nos oiseaux de basse-cour doit bien avoir une raison, puisqu'ils ne sont pas plus gros que ceux de nos voisins. La volonté du ministre de préserver une filière qui emploie plus de 100 mille personnes est une bonne chose. Mais les acteurs de la mauvaise production et parfois du détournement des aliments vers les élevages ovins et bovins ne seront pas aussi pressés de voir le prix de la viande blanche baisser.Le secteur de l'agriculture, malgré les avancées connues et reconnues, continue à être traité comme sinistré. Les agriculteurs et les éleveurs sont parmi les catégories les plus aisées en Algérie. Ils sont quasiment exonérés d'impôts, reçoivent comme un don du ciel l'annulation de dettes et le remboursement d'assurances qu'ils ne souscrivent jamais. La responsabilité des agriculteurs et des éleveurs n'est jamais mise en cause. Il s'agit de la faute aux cours mondiaux, à une mauvaise pluviométrie ou d'une absence de culture d'assurance. Tout est fait pour satisfaire cette catégorie de «travailleurs». Elle détiendrait le pouvoir cela s'expliquerait, mais qu'elle affame la population au motif qu'elle ne sait pas gérer les lopins de terre que lui concède l'Etat, relève de l'impensable.Tous les pays subventionnent d'une manière ou d'une autre leurs agriculteurs et leurs éleveurs, cela est vrai. Mais que l'on se mette à augmenter les aides pour une agriculture et des élevages extensifs relève de l'ignorance de ce qui se fait de par le monde. Le ministère devrait plutôt se pencher sur les raisons qui font que nos poulets coûtent 3 fois plus cher à produire en Algérie qu'en Europe avec des salaires minimum 6 fois plus faibles dans notre pays.La machine à subventions doit s'arrêter. Les agriculteurs, les investisseurs et les politiques doivent comprendre que le pétrole ne peut pas tout. La culture de l'exonération et de la subvention fait de l'Algérien un assisté pour qui l'effort et le travail ne veulent rien dire. Le passage à une production intensive ne passe pas par la subvention. Il serait temps que nous le comprenions.
A. E.
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