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Des rebelles syriens islamistes rejettent l'autorité de la CNS Syrie



Des rebelles syriens islamistes rejettent l'autorité de la CNS Syrie
Plusieurs groupes influents d'insurgés syriens refusent désormais l'autorité de la Coalition nationale syrienne (CNS), instance de l'opposition à Bachar al Assad soutenue par les Occidentaux et certains Etats arabes, et appellent à une réorganisation du pouvoir suivant la loi islamique. Dans une vidéo publiée sur des réseaux sociaux, le chef politique de la brigade al Taouhid, considérée comme faisant partie des modérés, affirme que cette déclaration est soutenue par treize organisations armées dont trois appartenaient auparavant à l'Armée syrienne libre (ASL).Les signataires de ce texte sont des tenants de la ligne dure comme le Front al Nousra lié à Al Qaïda et le bataillon islamiste Ahrar al Cham, mais également des modérés comme la brigade al Taouhid et la brigade al Islam.
"Ces forces estiment que tous les groupes constitués à l'étranger sans être revenus dans le pays ne les représentent pas et elles ne les reconnaissent pas", explique Abdoulaziz Salameh lisant un communiqué.
"De fait, la coalition nationale et son gouvernement de transition dirigé par Ahmed Toumeh ne les représentent pas et ne seront pas reconnus", poursuit-il.
Depuis le début de la rébellion en mars 2011, l'opposition syrienne est traversée par d'importantes divisions et n'a jamais pu ériger un front commun face au régime d'Assad.
Des tensions et des rivalités sont apparues en outre entre les groupes islamistes et ceux qui prônent une réorganisation laïque du pays.
"Ces forces appellent toutes les forces militaires et civiles à s'unir dans un cadre islamique clair fondé sur la charia (la loi coranique) qui doit être la seule source du droit", poursuit le communiqué.
La CNS, qui réunit des groupes d'opposants installés à l'étranger, bénéficie de l'appui des Occidentaux et des pays du Golfe mais elle n'a jamais réussi à imposer son autorité sur toutes les factions combattantes.
Certaines lui reprochent un manque de transparence dans son financement et dans son fonctionnement politique ainsi que le fait de ne pas être en prise avec la réalité de ceux qui vivent en Syrie.
GROS PROBLÈME
Les puissances occidentales et celles du Golfe souhaitent que la CNS puisse prendre la tête d'une force d'opposition crédible en Syrie en s'appuyant sur l'ASL afin de réduire l'influence des organisations islamistes.
Le rejet présenté par ces dernières pourrait compliquer la fourniture d'armes à la rébellion, les Occidentaux ne souhaitant pas qu'une aide de ce genre tombe entre de mauvaises mains.
"Si cette déclaration s'avère représenter effectivement les groupes qu'elle mentionne et qu'elle n'est pas remise en cause immédiatement, il s'agit d'un très gros problème", écrit l'analyste Aron Lund sur le blog Syria Comment.
"Cela constitue une rébellion d'une grande part de l'ASL en tant que courant dominant contre ses prétendus dirigeants politiques et un alignement de ces factions sur des forces islamistes plus radicales", ajoute-t-il.
Charles Lister du centre de réflexion IHS Jane sur le terrorisme et le renseignement souligne que les trois groupes modérés, la brigade al Taouhid, la brigade al Islma et Sukor al Cham, signataires de la déclaration représentaient une part importante du bras armé de la CNS sur le terrain.
"L'inclusion du noyau dur des forces de la CNS conduit effectivement à affaiblir son aile armée, le Conseil militaire syrien", note-t-il. "Il est probable que la coalition islamiste modérée a cessé d'exister en tant que structure unique".
De nombreuses factions islamistes ne partageant pas l'idéologie d'Al Qaïda observaient jusqu'à présent une attitude pragmatique mais cette déclaration semble indiquer qu'elles font cause commune avec les radicaux sur le terrain.
L'Etat islamique d'Irak et au Levant, l'une des organisations les plus radicales liées à Al Qaïda, ne fait pas partie des signataires de la déclaration. Il n'a pas été précisé s'il s'agissait d'un choix délibéré ou si les autres factions avaient préféré la maintenir à l'écart.
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