Oran - A la une

Des "réalisations" mais pas de bilans !



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Le ministre des Ressources en eau déclarait, avant-hier à Oran, que "l'investissement dans la mobilisation des eaux dites non conventionnelles a permis à l'Algérie de gagner une position de leader, et cela pas seulement en Afrique, mais à l'échelle planétaire".En proclamant notre pays champion du monde de l'eau dessalée, Hocine Necib ne précise pas à quelle étape du processus nous sommes passés maîtres. Dans l'achat des stations ' Dans leur installation ' Dans leur gestion ' Ou dans la quantité d'eau dessalée que nous utilisons pour boire, irriguer nos champs et nos pelouses, nous laver et laver nos voitures 'Parce qu'à la vérité, nous aurions fait d'énormes progrès si nous en étions seulement à savoir acheter des stations de dessalement qui fonctionnent ! Et à des tarifs qui correspondent bien au prix du marché ! Parce que, et pour l'histoire, notre rencontre avec la technologie du dessalement d'eau nous renvoie à l'une des plus grandes arnaques financières montées aux dépens du Trésor public.Cette célébration de "l'eau non conventionnelle" est l'occasion de rappeler le roman de ces cinq stations "offertes" par Khalifa en 2002. Deux d'entre elles, livrées par un prince saoudien, et montées sur barges flottantes, avaient été "réceptionnées" au port d'Alger pour être installées sur le site des "Sablettes". Les deux "engins" ne fonctionnèrent jamais et finirent leurs jours dans le port de Zemmouri alors fraîchement agrandi, en encombrant tout un bassin, en enlaidissant le site qui, pendant des années, a été un immense tas de ferraille rappelant un décor de Mad Max. Les trois autres n'arrivèrent jamais mais, d'après les enquêtes de presse, soixante-cinq millions d'euros avaient quitté le pays (voir El Watan du 31-03-2008).Ce rappel a pour but de justifier l'intérêt de mesurer ce que, dans ce domaine comme dans d'autres, nous coûte cet "apprentissage". Avant de nous inviter à nous enorgueillir d'être les "leaders" de l'Afrique, d'"Arabie" ou de "la planète", il serait peut-être utile de nous préciser la nature de ce leadership : dans l'innovation, dans la maîtrise du procès, dans la consommation du produit ou comme dindon de la farce 'Car, il est, comme ça, des termes et des noms traumatisants s'agissant d'équipements et d'investissements : dessalement, autoroute, métro, téléphones mobiles, nouvelles villes, etc. Les évoquer, devant nous, revient à parler de corde dans la maison d'un pendu !Il est vrai que, pour la "stabilité" du régime, il n'est pas bon de rappeler l'histoire jonchée d'opérations douteuses "de soutien de la croissance". Les tenants du statu quo et de l'impunité n'aiment pas que l'on revienne sur les mauvais souvenirs. La pérennité même de notre système est fondée sur sa capacité à nous faire oublier. Passer l'éponge et se réconcilier...Indéfiniment. Ce même oubli qui permet à un régime d'être reconduit le nombre de fois qu'il le souhaite, et ce, malgré les fautes et les abus ponctuant son règne. Pas de bilan, pas de sanction. L'oubli en devient une cause nationale. Il paraît même qu'il va être constitutionnalisé !...Aussi bien qu'on peut ainsi célébrer une "réalisation" sans la rapporter à son coût, on peut, en Algérie, s'autoriser cette impossibilité comptable: arriver à en apprécier les résultats sans avoir à en dresser le bilan !M. H.musthammouche@yahoo.frNomAdresse email


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