Les efforts des pouvoirs publics pour résorber la crise du logement et surtout maîtriser une demande de plus en plus grandissante semblent être contrariés par des blocages injustifiés à l'échelle locale.
Comment expliquer que des logements sociaux réalisés avec les deniers publics et livrés depuis des lustres soient laissés à l'abandon, à la merci des squatters et autres actes de prédation ' Et les exemples de laisser-aller foisonnent. Il suffit de faire un tour à travers les localités, notamment enclavées du pays, pour vérifier l'étendue du gâchis.
Des appartements livrés depuis des années laissés à l'abandon et surtout livrés à l'agression du temps et de l'homme. A Oran, le cas le plus édifiant est celui des 170 logements sociaux réalisés à la fin du siècle dernier à Haï Naïb, dans la localité de Boutlelis, laissés à l'abandon. La municipalité qui a laissé faire pendant des années, s'étant souvenue de leur existence, a dépêché un gardien pour tenter de sauver ce qui peut l'être encore.
En effet, ces appartements inoccupés sont devenus le repaire de dés'uvrés. Les boiseries et même certains équipements comme les lavabos et autres ont disparu, au grand dam des citoyens demandeurs de logements qui constatent chaque jour l'étendue de la gabegie sans pouvoir réagir. L'espoir de ces demandeurs est devenu un alibi qu'on agite à l'approche de chaque échéance électorale.
Ainsi, il y a quelques jours, des rumeurs d'une probable distribution de ces logements ont circulé dans la localité, faisant renaître l'espoir parmi les demandeurs. Mais le hic dans cette histoire est que même si ce v'u, somme toute légitime, venait à se réaliser, qui prendra le soin d'endosser les charges de réhabilitation de ces appartements neufs mais qui tombent en ruine '
L'autre exemple qui fait jaser à Oran est celui d'un ensemble de plusieurs immeubles réalisés durant les années quatre-vingts par la CNEP dans la localité de Hassi Bounif. Ces immeubles abandonnés sont laissés à la merci des actes de prédation. «A chaque fois que je passe par le coin, je sens mon c'ur se serrer. Plusieurs immeubles sont aujourd'hui à l'état de carcasse et ni la CNEP ni la municipalité ne s'en soucient», affirme un citoyen qui dit en avoir marre de supporter le statut de demandeur de logement depuis 1985.
Ces habitations réalisées dans le cadre de la formule dite promotionnelle ont été rejetés par les souscripteurs en raison de la proximité du chenal qui achemine les eaux usées vers la Sebkha. Transférés au social grâce à un arrangement avec l'Office de promotion et de gestion immobilières, ils n'ont jamais été attribués. A ce jour, aucune solution n'est venue libérer ces appartements qui continuent de narguer tous ceux qui passent par le coin et qui trônent impassiblement, en bord de route, comme un exemple édifiant du laisser-aller et du laisser-faire.
Et ces exemples ne sont pas une exclusivité pour Oran, mais sont légion à travers tout le pays. A Ouargla, des logements vides font les yeux doux aux sites des 100 locaux commerciaux par commune réalisés dans le cadre du programme du président de la République, et qui sont livrés à l'agression de l'homme et des conditions climatiques très
rudes dans la région. Dommage'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F B
Source : www.letempsdz.com