Le Front de libération nationale (FLN) semble vivre une nouvelle crise. L'ex-parti unique a, certes, déjà fait face à des tempêtes et des coups d'Etat scientifiques menés par des «redresseurs» ou «frondeurs», c'est selon l'appellation qui leur a été donnée, mais cette fois-ci les voix développent un discours différent, appelant à un débat constructif «dans le seul but d'oeuvrer pour le renouveau du parti loin des guerres de clans». Dans un document de dix pages, et comportant six intertitres, les rédacteurs s'identifiant comme «un groupe de militants du parti» ont dénoncé la situation de l'impasse que vit actuellement le parti et revendiquent avec force une nouvelle politique de gestion et demandent la tenue d'un congrès dans les plus brefs délais. «Un axe de réflexion pour le renouveau du parti», c'est l'intitulé de ce document parvenu à notre rédaction et qui résume en clair toute la situation, qualifiée de crise par les rédacteurs de ce document, que traverse le FLN. Dans cette «charte», rendue publique, le groupe des militants annoncent d'emblée la couleur du combat qu'ils comptent mener. Dans un encadré en haut de la première page, ces militants lancent un appel «à un débat constructif pour le renouveau du parti du FLN». Ils estiment «que ce débat doit être dépersonnalisé et placé au niveau des idées. C'est dans cet esprit qu'ils avancent la présente proposition». Rénovation, modernisation et une véritable refondation, voilà les termes utilisés pour désigner l'urgence d'apporter du changement au parti. «Parce que dans l'état de délabrement où il se trouve, notre parti est incapable d'assumer une telle mission», celle, affirme le groupe de militants, de la constitution «d'un vaste rassemblement populaire». Dans un discours franc et réaliste, les rédacteurs du document reflètent l'image actuelle du parti. «Evitons, disent-ils, de tomber dans le travers de la critique stérile, du danger de l'autosatisfaction et des illusions du triomphalisme. Procédons à une analyse responsable de l'état de notre parti... Ayons le courage de regarder la réalité en face. Le parti du FLN est en situation de crise». Une crise multidimensionnelle qui se traduit par une crise d'identité, de représentation, de fonctionnement, d'organisation, de confiance et de stratégie, selon ces militants. C'est «le déclin d'un appareil et non pas du FLN, front et parti», précisent-ils. «La réalité électorale nous montre que la désaffection populaire vis-à-vis de notre parti se poursuit de manière inquiétante. Le déclin est incontestable». Sans nommer les auteurs de cette initiative, le groupe révèle que «les raisons de la proposition d'un axe de réflexion pour la sortie de l'impasse (...) est le résultat d'une large concertation avec de nombreux militants et cadres dirigeants du parti. Elle constitue un écho aux interpellations que de nombreux militants expriment à travers tout le pays». Et d'ajouter, «nul n'a le droit de leur interdire (les militants) de porter des jugements sur les actes de ceux qui les dirigent. Les militants sont dans leur plein droit quand ils expriment leur détermination à sauvegarder leur parti face à une réelle menace de dislocation». «Notre parti, estiment-ils, ne peut être réduit à un simple appareil destiné à préserver des positions personnelles et les intérêts de groupes restreints». Comme solution, le groupe propose «la réhabilitation des règles de fonctionnement démocratique, c'est-à-dire le préalable du débat avant toute décision, de la collégialité dans la mise en oeuvre des résolutions, de l'émergence des cadres à travers les urnes et de la reddition des comptes». Il écarte, d'autre part, toute divergence au sujet du soutien au président de la République affirmant que «notre parti est en phase avec la politique menée par le président de la République. Il n'y a pas de divergence au sujet du soutien au président de la République. Les divergences se rapportent au devenir du parti, à son identité, aux méthodes de travail en son sein et à sa démarche dans ses relations avec les partis politiques, les organisations sociales et syndicales, la société civile et les institutions de l'Etat». L'autre proposition proposée est la tenue d'un congrès et d'anticiper un débat général, avant cet événement, sur le renouveau du parti. Un débat qui doit être organisé, selon les rédacteurs du document, à l'initiative de la base militante au niveau des kasmate et des mouhafadhate en plus «des assemblées générales qui devraient se tenir à cet effet». La réunion du conseil national, prévue pour la fin 2007, devrait aussi, suggèrent le groupe, être consacrée à la préparation du congrès pour le renouveau du parti avec l'élection «démocratique et à bulletins secrets d'une commission de préparation du congrès». Une commission qui ne doit pas comporter des membres de l'instance dirigeante exécutive au niveau national. Enfin, le groupe souligne que le conseil national reste en session ouverte jusqu'à la tenue du congrès.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : B Mokhtaria
Source : www.lequotidien-oran.com