
Dans le cadre de la 10e édition de la campagne contre les violences faites aux femmes, l'Association féminine pour l'épanouissement de la personne et l'exercice de la citoyenneté (Afepec) organise une série de manifestations à Oran,depuis hier et jusqu'au 3 décembre prochain. Cette année, la manifestation se déroulera autour de «la levée des réserves à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes (Cedaw)».Le coup d'envoi a été donné par un atelier, organisé par l'association, sur l'information et la sensibilisation des jeunes sur la Cedaw. Aujourd'hui, la sensibilisation devra se poursuivre avec une rencontre du collectif contre les violences faites aux femmes qui aura pour ordre du jour la définition des actions à mener pour demander la levée des réserves. Le 2 décembre, soit vendredi prochain, le public sera convié à la projection du film Wajda, au cinéma Murdjadjo, et cela en partenariat avec l'association Bel Horizon.La clôture de la campagne aura lieu le 3 décembre, avec une rencontre-débat sur la Cedaw. Pour rappel, le 25 novembre, date du coup d'envoi de cette campagne, est en fait une référence au 25 novembre 1960 quand, en République Dominicaine, trois militantes ont été assassinées et sont alors devenues le symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes.L'Afepec, souligne un communiqué, célèbre cette date commémorative depuis 1996, alors qu'il a fallu attendre l'année 1999 pour que le 25 novembre soit institué «Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes» par l'Organisation des Nations unies. Toujours dans le cadre de la lutte contre la violence faite aux femmes, le Centre de loisirs scientifique (CLS) de Béchar a abrité, ce week-end, une rencontre de sensibilisation.Elles étaient nombreuses à venir écouter les témoignages et en même temps dénoncer les multiples formes de violence subies par la femme. A ce propos, Mme Kasmi, la présidente de l'association de protection féminine et de la promotion de la femme, est catégorique : «La femme, malgré la loi adoptée pour la protéger, continue de subir, au foyer surtout, la violence physique et verbale et dans la rue des harcèlements en toute impunité.»Et les témoignages étaient nombreux : Aïcha K., 41 ans, mère de 5 enfants, et de surcroît 22 ans de mariage, livre son témoignage : «Mon mari est chômeur, et compte tenu des contraintes socio-économiques que nous vivons, il est devenu violent à cause de son état psychique dû à sa situation.» A. Fatima, 48 ans, 20 ans de mariage, 3 enfants, apporte elle aussi son témoignage : «Mon mari me reproche de lui avoir donné uniquement des filles pour justifier la violence physique et verbale qu'il exerce sur moi et m'interdit de recevoir chez moi les membres de ma famille. J'ai demandé le divorce mais ma famille s'oppose».D'autres encore souffrent en silence et n'osent pas se manifester à cause des parents et des frères pour éviter de se présenter devant les tribunaux.Pour la présidente de l'association, il est impératif, pour que la situation de la femme change et s'améliore, de faire appliquer les lois de la République. «Sans cela, la situation de la femme risque d'empirer», conclut-elle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A E K et M N
Source : www.elwatan.com