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Des Jeunes en transe



Des Jeunes en transe
Des centaines de jeunes ont déferlé sur le chapiteau de l'hôtel Hilton, où jeudi soir, le rappeur d'origine sénégalaise a animé un concert. Beaucoup de jeunes filles, à l'allure décontractée et certaines à la beauté agressive, se sont mêlées sans problèmes à des jeunes qui semblent ne rien n'ignorer du parcours et du répertoire de Booba. Ils exprimaient une envie de vivre et de s'amuser sans que nul incident n'altère la soirée, servie par une sonorisation et une organisation parfaite. Même si ce fonctionnaire, qui a voulu faire faire plaisir à ses deux enfants, a déploré qu'« une simple petite bouteille d'eau s'écoule à 200 DA ».Le blues de toute une générationL'identification de ces teen-agers paraît forte avec l'artiste aux avant-bras et au cou tatoués dont ils se plaisent à imiter la manière de s'accoutrer. Ils présentent la panoplie des jeunes « à la page » avec leurs cheveux rasés ou arborant des touffes cachées parfois par une casquette Armani ou Unket, la marque de vêtement lancée par Booba. Comme tous ses admirateurs, Booba du haut de son presque deux-mètres est coiffé, lui aussi, de la casquette de circonstance. Il s'adresse à son public, le houspille, le secoue comme s'il s'agissait de potes qu'on retrouve.Il se réfère à des signes comme B20 qu'en complices, ils comprennent. Sans intermède, il enchaîne les chansons anciennes ou de son récent album « DUC », sorti l'an dernier. La plupart sont repris en ch?ur par des jeunes en transe que les deux Dj, le complice Benash, qui ont précédé Booba n'ont pas terrassé. Avec Red One, ils ont plutôt lancé les fans sur la piste.Quand vers la fin de son show, Booba chante « Je l'avais validée », une chanson d'amour mâtinée de regrets et de reproches à son ex, ce n'est qu'un intermède de douceur. On vit et on sent que l'artiste capte avec ses mots le blues et la violence verbale de toute une génération. Il lui parle de ses habitudes, de la 3G, de ses goûts pour les parfums, les voitures et les fringues griffées. Mélange de provocations et de crâneries, il est au diapason de cette génération dont la révolte n'est pas d'ordre politique mais s'exprime par une gestuelle, une posture de défi. De sa voix qui passe d'un ton coléreux à une gamme plus suave, le public paraît en extase. Il évoque la déchirure de la séparation dans « Mon pays » et clame dans « Attila » sa rage à coups d'AK 47.Ils sont là admiratifs. Ce sont pour la plupart des étudiants comme Souad qui suit des études en commerce international ou de simples lycéens. La jeune fille est là pour se « défouler car elle se reconnaît dans cette musique qui s'adresse au corps et à l'esprit ». Beaucoup se retrouvent dans les histoires racontées avec le langage de la rue porteur de refus et d'utopies. Ils sont presque tous nés avec l'explosion de la musique sur Youtube ou sur les chaînes musicales. Certains sont venus d'ailleurs des villes limitrophes d'Alger comme Blida, Tizi Ouzou ou Bouira, pour ce qu'ils considèrent comme un « concert-événement ».


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