Oran - A la une

Des images et des projets



Des images et des projets
En marge des projections de films et l'entame de l'atelier «Miditalents», les directeurs de festivals arabes se sont réunis dimanche matin à Oran...Riche activité pour la sixième journée du Fifao. Alors que le Salon de l'audiovisuel se poursuit, ainsi que les projections, l'atelier d'écriture de scénario, chapeauté par l'Aarc et placé sous la houlette de «Miditalents» a ouvert ses portes dimanche dernier. Ce dernier a été monté rapidement à la rescousse, après l'éviction du critique de cinéma Tewfik Hakim chargé dudit atelier et dont la mission n'a pu répondre aux attentes. La matinée a vu la projection de nombreux films, dont l'excellent documentaire Rif 1958 - 1959, briser le silence, un film de Tarik El Idrissi qui met à nu les souffrances des habitants des provinces rifaines ayant subi les affres de la répression en réponse à leur soulèvement contre la création du nouvel Etat marocain.Selon eux la politique centraliste du royaume a détruit les structures politique, sociale et économique du pays. Dans l'après-midi, la salle du cinéma Le Maghreb a accueilli quant à elle un long- métrage émarati de Ali Mustapha, intitulé De A à B (de Abou Dhabi à Beyrouth). Un road movie qui raconte les péripéties désinvoltes, saugrenues et drôles mais aussi dramatiques de trois jeunes amis qui se retrouvent cinq ans après le décès de leur meilleur ami pour aller se recueillir sur sa tombe le jour de son anniversaire, au Liban.Réalité du Monde arabeL'un est syrien, habite les Emirats arabes unis. Son père est diplomate, le second est égyptien. Il est journaliste indépendant, possède un blog et milite pour la révolution arabe tandis que le troisième est saoudien, a coupé tout contact avec son père ambassadeur et travaille comme Dj. L'un est marié et tente de convaincre sa femme enceinte de l'importance de ce voyage. Le second ment à sa mère sur la destination du voyage car elle le couve un peu trop et il espère retrouver son ancienne amie de lycée au Liban. Le troisième est un dragueur, fils à papa, qui n'a pourtant aucun rapport avec la politique. Sur la route il fait la connaissance de la copine de Mehdi, décédé, et décide de la raccompagner chez elle, en Syrie. En route ils croisent l'armée syrienne mais aussi les résistants djihadistes qui les relâchent, non sans les prévenir et demander principalement au journaliste égyptien de filmer ce qui se passe et de montrer à la face du monde la véritable image de la guerre en Syrie, celle-ci marquée de pleurs et de disparus...Fiction comique, le film dira l'un des comédiens présent au débat «n'a aucun message politique à faire passer si ce n'est qu'il tente d'illustrer la réalité dans le Monde arabe». En effet, ce long-métrage qui ne ressemble pas du tout à ce qu'on a l'habitude de voir évoque la complexité des nationalités arabes qui vivent entre elles et arrivent à cohabiter à Abou Dhabi. D'où le fait que les personnages parlent arabe et anglais à la fois et sont riches.Le film est un bel exemple de la collaboration des cinémas arabes. Khaled Abou Naga joue un petit rôle mais efficace, celui du chef de la milice syrienne, un méchant, largué, lui-même victime de cette guerre. D'autres acteurs libanais connus feront une petite apparition.Outre la musique anglo-saxonne, la distribution musicale se traduit également par le magnifique titre Raoui de Souad Massi, mais encore Yasmine Hamdane et enfin Amr Diab, l'Egyptien, pour le générique de la fin. Film farfelu, fantasque, à la limite, frivole et fantasque par des coins, il n'en demeure pas moins qu'il tente de se frayer des pistes intéressantes quand il touche au coeur des guerres intestines en Syrie et notamment religieuses qui séparent les Israéliens, des Arabes musulmans. Les décors, paysages de ce film presque de carte postale sont beaux mais la mort pointe par moment son nez, pour nous replonger dans le terrible réel, comme un reportage télé, même si réalisés parfois avec maladresse et des clichés.En matinée pour rappel, plusieurs directeurs de festivals de films arabes se sont réunis à l'hôtel Le Méridien, invités qu'ils étaient par le Fiofa à dresser un tableau de la situation de leurs structures et énumérer leurs problèmes en vue de les résoudre ensemble et consolider une sorte de partenariat à long terme.ImproviséTahar Houchi, directeur du Festival du film oriental de Genève, un peu sceptique au départ, nous dira: «Nous étions conviés à cette rencontre en effet sans avoir un ordre du jour préétabli, du coup il a été improvisé sur place. La seule idée partagée était de parler de la promotion du film arabe ici et ailleurs. Force est de constater que cette rencontre ressemble à tout point de vue à toutes celles qui ont eu lieu au Caire, à Dubaï. Ici à Oran, on y met de très bonnes intentions, on partage nos problèmes mais au final j'avais l'impression qu'on a encore une fois parlé des mêmes soucis qu'avant. Mes problèmes à moi de Genève, ce n'est pas à Oran que je vais les régler car ils ne sont pas de même nature que les autres.Chaque festival a parlé de ses problèmes en émettant le souhait de pouvoir collaborer de diverses manières, que ce soit en échangeant des invités ou autres, mais le concret est que le festival a tenu à ce qu'il y ait un communiqué signé par les participants, chose à laquelle je ne peux m'y soustraire sans mes collaborateurs, autrement je ne peux approuver une charte sans consulter le comité d'organisation de mon festival.»Parmi les invités on citera en effet les directeurs du festival de Rabat, d'Alexandrie, de Mascate, du Fifog, festival du film arabe de Berlin, de Zurich, de Carthage, et d'autres de moindre importance. Et Tahar Houchi de poursuivre: «Une petite commission devrait travailler pour rédiger ce dit communiqué.Je me suis inscrit mais je n'ai pas encore été contacté. Personnellement je ne crois pas trop à ces élans portés de façon éphémère mais de cette rencontre, pour ceux qui y regardent bien, ils peuvent y trouver un grand intérêt.Concernant mon festival, moi qui prépare un focus sur le Liban, j'ai pu rencontrer ici Sabine Shouker qui est la directrice du festival de Beyrouth. On a déjà élaboré un projet. Leur festival est soutenu par la Suisse. Ils ont participé à ce focus. Nous allons aussi faire des ateliers à Genève et au Liban. Ça aurait été bien que cela tourne dans les autres festivals. Individuellement il y a des choses qui sont sorties de manière satisfaisante.»Pour sa part Mohamed Rached Bouaali du Bahreïn, représentant des Journées du film du Bahreïn, a souhaité que tous les problèmes invoqués trouvent enfin des solutions via un plan rigoureux, non sans constater de la répétition dans ces rencontres sans trop grand succès. «On ne compte pas régler tous les problèmes. Si on arrive à bout d'un seul problème si ce n'est la moitié d'un problème c'est déjà ça. Tout le monde veut en tout cas se rassembler dans ce sens pour être plus efficace...»


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