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Des entreprises publiques défient Djerad



Certains responsables d'institutions et administrations publiques, à l'image d'Algérie Poste, refusent de libérer les femmes concernées par la dernière décision du Premier ministre de mardi dernier concernant les femmes en charge d'enfants de moins de 14 ans.Grand cafouillage ou excès de zèle au sein des entreprises publiques dont la plupart des responsables semblent réfractaires à la décision du gouvernement de libérer les femmes en charge d'enfants en bas âge en les mettant en congé spécial. Ces dernières ont été rappelées manu militari par leurs responsables leur signifiant la reprise du travail sans autre possibilité.
Le problème demeure, pourtant entier pour ces femmes contraintes auparavant non seulement au confinement mais aussi à la garde des enfants en l'absence des crèches (fermées) et le refus des nourrices de les garder dans l'état actuel de crise sanitaire pour cause de coronavirus.
La crainte est en effet des deux côtés : du côté de la nourrice, qui a peur de contaminer les enfants ou d'être elle-même et toute sa famille contaminées par eux et la crainte des mères de récupérer des enfants malades ou de leur transmettre la maladie tant les mesures de protection dans les lieux de travail et dans les transports ne sont pas toujours respectées.
La décision d'Abdelaziz Djerad rendue publique mardi dernier, est pourtant claire à ce sujet. "Pour ce qui est du congé exceptionnel rémunéré dans le secteur économique, il a été décidé la levée de la mesure de mise en congé exceptionnel rémunéré des 50% des effectifs du secteur économique public et privé, pour les entreprises qui peuvent assurer le transport de leur personnel et satisfaire les conditions de protection sanitaire propres à leur activité, tout en maintenant cette mesure au profit des femmes enceintes et celles ayant des enfants à charge âgés de moins de 14 ans.
" Quant au congé exceptionnel rémunéré dans les institutions et administrations publiques, il a été décidé "la levée de la mesure de mise en congé exceptionnel rémunéré des 50 % des effectifs des institutions et administrations publiques, tout en maintenant cette mesure au profit des femmes enceintes et celles ayant des enfants à charge âgés de moins de 14 ans".
Il se trouve que certains responsables d'entreprises publiques ont décidé d'aller outre ces décisions gouvernementales et d'agir à leur guise comme c'est le cas à Algérie Poste mais pas seulement.
"Je ne comprends l'acharnement des responsables qui sont pourtant protégés par une décision officielle émanant des plus hautes autorités de l'Etat", nous a déclaré une maman travaillant à Algérie Poste et qui ne sait plus quoi faire : "j'ai 3 enfants de 7 et 5 ans et la petite dernière n'a pas dépassé 2 ans et demi. Mon mari travaille et on lui refuse un congé, mes parents sont âgés et habitent loin de chez moi et la nounou refuse catégoriquement de prendre la responsabilité de les garder", a-t-elle insisté déplorant l'attitude des responsables qui, selon elle "n'essaye même pas de trouver un terrain d'entente.
Il est recommandé dans un autre cas de figure d'apurer les reliquats mais mon responsable refuse de m'en accorder, ne me laissant aucune autre possibilité. C'est clair il veut me pousser à la démission."
À noter que certaines entreprises ont appliqué la loi comme c'est le cas à Algérie Telecom, à Sonatrach mais d'autres ont fait une interprétation à leur guise à l'image de la CNAS. Celle-ci qui reconnait le droit à ces femmes à cette mesure leur demande d'abord d'apurer les reliquats, consommer le congé annuel qui vient de prendre effet et prendre ensuite un congé spécial. D'autres préfèrent ignorer complètement la décision de Djerad comme c'est le cas d'Algérie Poste, de l'ONM et de certaines banques.

Nabila SAIDOUN
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