
Plusieurs mesures décidées lors de la tripartite de 2014 n'ont pas encore été mises en ?uvre.Un chapelet d'engagements relatifs entre autres à la promotion de la production nationale, au fisc, à l'amélioration de l'environnement des entreprises, au renforcement de la confiance des investisseurs et au développement de la capacité d'ajustement des stratégies sectorielles devant stimuler la croissance figure dans le Pacte de croissance économique et social adopté par la tripartite de 2014 et dont une copie a été soumise au BIT. Les pouvoirs publics ne lui ont pas encore accordé satisfaction. Pourtant, ces engagements ont été largement discutés et enrichis, en tripartite. Le président de la fédération nationale de textile (FNT), affiliée à l'UGTA, Amar Takdjout, nous explique à grands traits le pourquoi du blocage. Il y a, selon lui, des problèmes, dont certains relèvent de réflexes, d'autres de bureaucratie, que la tripartite n'arrive pas à aplanir. En matière de production nationale, un exemple parmi d'autres, il y a matière à pessimisme, parce que l'engagement pris par le gouvernement est vite démenti par la réalité. Amar Takdjout nous cite en exemple une entreprise privée implantée à Oran qui réalise de beaux tapis et qui imprime de la performance. Elle dispose donc d'une offre intéressante à mettre sur le marché. Seulement voilà, l'offre a été ignorée par ceux qui sont censés équiper une grande mosquée à Oran en réalisation. Et le lieu de culte a été finalement équipé par des tapis tucs. La préférence nationale, qui fait partie des engagements retenus dans le Pacte économique et social, en prend ainsi un coup. Il existe autant d'exemples dans d'autres secteurs, dit-il. Cette entreprise, poursuit-il, a besoin de marchés et il fallait l'encourager pour en avoir, et non pas à lui préférer une société étrangère. Et dans ce cas précis, l'entreprise bataille pour des parts de marchés, ne demandant pas un allègement fiscal. L'ordre des priorités change pour elle. Il diffère bien évidemment d'une entreprise à une autre. La pression fiscale, il fallait certes en parler à l'occasion de la tripartite de Biskra, et faire en sorte que les engagements qui s'y rapportent aboutissent. Mais, ajoute-t-il, les questions d'ordre fiscal ne doivent pas éclipser d'autres obstacles, dont l'accès à la commande publique, qui continuent de gêner l'entreprise dans sa marche vers le progrès, vers la compétitivité. Mohand Saïd Naït Abdelaziz, président de la Confédération algérienne du patronat (CNPA), a un autre point de vue sur le sujet. Naït Abdelaziz estime ainsi qu'il faut se donner le temps nécessaire, rappelant que le Pacte de croissance économique et social est étalé sur cinq ans. La tripartite se donne, si besoin est, plus de temps pour concrétiser les engagements en attente de satisfaction. En défenseur de la tripartite, le président du CNPA ajoute que contrairement à ce qui se dit et s'écrit çà et là, l'économie nationale est en marche et qu'ensemble, nous pouvons la consolider et en faire une économie émergente. À une question relative à l'accès à la commande publique, notamment dans le secteur du BTPH, Naït Abdelaziz rappelle d'abord que le gouvernement a pris sur lui des engagements pour aider les entreprises, sans distinction entre entreprises privées et entreprises publiques, pour les mettre dans une nouvelle dynamique de développement et de les faire bénéficier des marchés publics. Maintenant, note-t-il, s'il y a des sociétés qui ne sont pas en mesure de prendre en charge certains projets, le gouvernement n'y peut rien. Aussi, affirme-t-il, nous avions proposé, dans différents débats autour de l'entreprise, de mettre en place des groupements d'entreprises, un schéma d'organisation pouvant réunir des sociétés nationales (privées et publiques) et des sociétés étrangères. Cela donnerait de l'assurance à l'entreprise et la mettrait dans une synergie de groupe dont elle peut tirer profit. Les engagements en stand-by, la tripartite tenue à Biskra a promis de les prendre en charge. Aussi, elle a appelé à l'installation d'une commission pour le faire.Y. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salami Youcef
Source : www.liberte-algerie.com