Photo : Sahel
Par Badiâa Amarni
La rentrée sociale se fait souvent, ces dernières années, sur fond de contestation. Des grèves et des mouvements de protestation sont organisées régulièrement par les syndicats des différents corps de métiers aussi bien au niveau de l'Enseignement, de la Santé, des Transports et bien d'autres secteurs encore où les travailleurs, ne trouvant plus aucun interlocuteur avec qui dialoguer, recourent aux débrayages. Ces derniers ne sont pas sans conséquences néfastes sur l'économie du pays. Beaucoup de préjudices économiques sont, en effet, provoqués par ces arrêts de travail qui, parfois, perdurent, surtout lorsqu'il s'agit de grèves illimitées qui interviennent surtout dans des secteurs-clés de l'économie ou quand ça touche des entreprises d'envergure comme, par exemple, la Compagnie nationale de transport aérien, Air Algérie ou les Douanes ou, encore, la Poste. Cette dernière a eu à faire face, l'année dernière, à un mouvement de protestation qui aurait entraîné une perte financière évaluée à 400 milliards de dinars à travers les 300 bureaux de poste que compte le pays, en plus des désagréments causés à une clientèle qui se fait de plus en plus nombreuse chez ce grand service financier de l'Etat, le seul, d'ailleurs, qui permet de retirer son argent dans n'importe quel endroit du pays. Ce débrayage qui a duré 15 jours a poussé la tutelle à répondre favorablement aux revendications des travailleurs au nombre de 29 000 près et qui a trait à une augmentation salariale.Ce n'est pas le seul secteur qui a subi ce sort. Même la Compagnie aérienne, Air Algérie, a enregistré, l'année dernière également, près de 32 millions de dinars de perte en, seulement, quatre jours de grève déclenchée par le personnel navigant, commercial (PNC). Un premier bilan qui n'avait pris en compte que le réseau international en attendant les chiffres concernant le réseau national. Le patron de la compagnie nationale avait indiqué que 20 000 passagers sur les 34 000 qui devaient voyager par Air Algérie n'ont pas été transportés durant la grève. Ce qui a poussé sa direction à affréter des appareils ainsi que du personnel de compagnies étrangères pour assurer le transport. Des milliers de passagers ont donc été bloqués dans les aéroports d'Algérie et de France, provoquant ainsi une véritable pagaille. Les revendications des PNC, rappelons-le, avaient trait à l'amélioration des conditions socioprofessionnelles, à l'alignement sur le salaire référent des pilotes et des copilotes, donc une augmentation de 106 %, et création d'une direction autonome concernant le personnel naviguant, commercial.Cette année, l'entreprise des transports d'Oran (ETO) où un bras de fer a été engagé, pendant quelques jours, entre les travailleurs et l'administration, a enregistré des pertes qui se chiffrent, en moyenne, à 285 millions de centimes par jour. Tous étaient unanimes pour dire que leur revendication première n'est pas salariale, encore moins de glaner des privilèges ou des avantages éphémères, mais leur souci majeur est d'instaurer une gestion efficiente pour mieux pérenniser leur outil de travail. Se disant solidaires avec les usagers du secteur, les grévistes demandent à ces derniers d'être compréhensifs, insistant sur le fait qu'il n'avait pas le choix et que la grève a été leur ultime recours.
Des grèves et des motifs
Même l'entreprise publique Snlb, relevant de la SGP des industries manufacturières, leader du meuble dans la région de Taboukert, à
Tizi Ouzou, a eu à subir des pertes de 70 millions de dinars après près d'un mois de grève observée par les travailleurs qui se
plaignent de leurs salaires demeurés inchangés depuis 2008. Au-delà des pertes financières induites par tous ces mouvements de grèves dont des statistiques globales n'existent pas sauf les chiffres avancés par les entreprises elles-mêmes, les pertes sont aussi dues aux désagréments vécus par de nombreux citoyens lors de ces débrayages. Dans certains secteurs d'ailleurs, la Santé par exemple, les malades payent parfois le prix en étant à chaque fois renvoyés des hôpitaux pour motif de grève (sauf les cas pris en charge dans le cadre du service minimum). Idem pour l'Enseignement ou les élèves sont pris en otage entre les revendications de leurs enseignants et l'entêtement de l'administration. Retard sur la scolarité, grande tension vécue à la reprise avec tous les cours à rattraper, les élèves se sentent perdus, surtout les candidats aux examens de fin d'année. C'est aussi le cas que vivra les citoyens à partir du 4 septembre prochain, date prévue pour la grève de huit jours qu'observeront les travailleurs des communes à l'appel de la Fédération nationale du secteur des communes (Fnsc), affiliée au Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (Snapap). Les revendications des travailleurs communaux portent notamment sur la révision du statut particulier et du régime indemnitaire, le respect des libertés syndicales et le droit de grève, la réintégration de tous les syndicalistes licenciés ou suspendus arbitrairement, l'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs communaux et le maintien du régime de retraite sans condition d'âge. Ils réclament aussi la révision du statut particulier des corps communs, des ouvriers professionnels, des chauffeurs et des gardiens ainsi que l'intégration en priorité de tous les contractuels et vacataires en poste. Les désagréments seront grands d'autant que la rentrée, notamment scolaire, est souvent synonyme de papiers administratifs à produire.Ces mouvements de grève sont souvent observés quand les voies du dialogue sont souvent épuisées, les administrations considérant les syndicats du mauvais côté alors qu'ils doivent être traités comme des partenaires à part entière capables de renforcer l'entreprise.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B A
Source : www.latribune-online.com