
De plus en plus de voix s'élèvent au sein de la Chambre basse du Parlement pour demander la relance du projet de loi criminalisant le colonialisme français en Algérie, en réaction à la publication d'une photo du président Bouteflika amoindri, pour cause de maladie, et à la "campagne menée par les médias français" qui s'en est suivie.Après la réaction du Sénat, la Chambre basse du Parlement, qui s'apprête à lui emboîter le pas, a choisi d'exprimer son ressentiment suite à ces actes "irrévérencieux" à l'égard d'une institution de la République, en ressuscitant le projet controversé qui consiste à exiger de la France de reconnaître ses crimes commis en Algérie, de présenter des excuses officielles et d'indemniser les victimes. Pour ce faire, les parlementaires du FLN et, en même temps, l'auteur de la précédente initiative, Moussa Abdi, ont entrepris des contacts auprès de députés des autres groupes parlementaires à la recherche de soutiens, en surfant sur la vague d'indignation suscitée par "la campagne médiatique française". M. Abdi a fait état de "consultations avec d'autres députés de diverses formations", la semaine dernière, dans la perspective du début de la récolte des signatures requises à la présentation de cette proposition de loi auprès du bureau de l'Assemblée. Le député de l'ex-parti unique, joint hier, a indiqué, à ce titre, que les échos sont "favorables".L'initiative du parlementaire du FLN tranche nettement avec le silence troublant dans lequel se mure la direction de son parti, que les observateurs et ses propres militants peinent à expliquer. Aussi, il n'est pas exclu que cette démarche soit interprétée comme un "sursaut de dignité", doublé d'un acte de défiance à la direction du parti pour son manquement face à une "atteinte à un symbole de l'Etat". Ce qu'a laissé entendre notre interlocuteur en déplorant ce manque de réactivité du SG du FLN, Amar Saâdani qui, d'habitude, est prompt à réagir pour tout ce qui touche à la souveraineté nationale. M. Abdi qui ne s'est pas contenté de féliciter le SG par intérim du RND pour sa réaction, n'a pas manqué pour autant de valoriser l'écho favorable recueilli auprès d'autres partis. Par exemple, le mouvement Ennahda a vu son premier responsable déplorer l'absence d'une réaction officielle vis-à-vis de cette "atteinte à l'Algérie", à travers son chef de l'Etat, avec lequel il affiche pourtant son désaccord sur la gestion des affaires de la cité. Reste à connaître, alors, l'attitude des hautes autorités, sachant que les précédentes tentatives ont toutes échoué. La proposition qui avait été initiée en réponse à la loi qui glorifie le colonialisme, votée en février 2005, a réussi à rassembler 124 signatures de députés, mais a été bloquée au niveau du bureau de l'APN "sous la pression du lobby pro-français". Ce que confirme Moussa Abdi, qui dira ne pas craindre un nouveau blocage, eu égard à la nouvelle conjoncture qui prévaut dans le pays, notamment des signaux positifs décelés à travers une déclaration très ferme de la Chambre haute du Parlement, mais aussi des réactions observées, mais aussi compte tenu des projets en préparation de l'autre côté de la Méditerranée, notamment celui portant indemnisation des anciens pieds-noirs.Amar Rafa
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar R
Source : www.liberte-algerie.com