
Les dispositifs de soutien à l'emploi des jeunes ont prouvé leurs limites en créant des patrons qui se sont retrouvés du coup sans emploi.Une soixantaine de boulangeries, exerçant un peu partout dans les contrées composant la wilaya d'Oran, ont baissé rideau. Créée dans le cadre du dispositif de l'Agence nationale de soutien à l'emploi des jeunes, la majeure partie de ces boulangeries n'a pas réussi à honorer ses redevances vis-à-vis des banques ayant financé leur montage. Ces entreprises ont tout simplement déclaré faillite. Les représentants des boulangers imputent ce phénomène à la faiblesse de la marge bénéficiaire revenant de droit au boulanger. Une telle faillite rétrécit davantage la liste des boulangeries ouvertes. Leur nombre ne dépasse pas 523 après qu'elles furent plus de 2000 unités, éparpillées un peu partout dans les 26 communes et neuf daïras composant la capitale de la partie ouest du pays. Les dispositifs lambda mis en place dans le cadre du soutien à l'emploi des jeunes ont démontré leurs limites, en créant des patrons qui se sont retrouvés du coup sans emploi, tout simplement dans le chômage. Pis encore, ils sont redevables de plusieurs millions de dinars. C'est ce qu'ont révélé les chiffres, évoqués tout récemment par L'Expression. Au moins 600 entreprises sont déficitaires. La majeure partie de ces entreprises endettées a été créée pour soutenir le secteur du bâtiment souffrant d'un manque flagrant de main-d'oeuvre. Au lieu d'être assistées en leur accordant, tel que recommandé par le gouvernement, des marchés, ces entreprises se sont retrouvées soumissionnaires sans pouvoir rafler des projets pouvant leur permettre de se maintenir dans le marché de l'emploi. En effet, celles-ci sont censées passer en priorité en leur accordant une quote-part de 20% des projets. Les décideurs locaux agissent autrement en bafouant les résolutions gouvernementales, au profit des grandes entreprises ou encore en faisant appel à des sociétés étrangères. Or, plusieurs entreprises algériennes n'ont rien à envier à ces grandes entreprises et à ces soi-disant sociétés étrangères dont plusieurs de celles-ci ont fait l'objet de critiques et de réserves émises par les institutions en charge du suivi et du contrôle des travaux. Livrée au «harcèlement» des banquiers, la majeure partie de ces 600 entrepreneurs a été sommée d'honorer ses redevances. Au cas contraire, ces chefs d'entreprise feront l'objet de poursuites judiciaires suivies de la saisie des équipements dont ils ont bénéficié. Leurs affaires s'envolent du coup après qu'ils ont été de petits patrons se bousculant dans les petits bars d'Oran en quête de projets, invitant les maîtres d'oeuvre à des dîners copieux, une façon de les soudoyer ou encore de solliciter leur clémence, d'où la création d'ailleurs du percept de 10 à 20% et de «Monsieur fiche technique». Il n'est un secret pour personne, un tel percept est connu de tout le monde. Mieux encore, il domine l'actualité. La clochardisation du monde du travail a atteint son apogée, tandis que la corruption fait rage un peu partout dans plusieurs communes. Sinon, comment interpréter le fait que plusieurs maires et élus locaux ont été relevés de leurs fonctions et poursuivis en justice en raison de leur implication dans l'octroi des marchés dans des conditions douteuses' Ce n'est là que l'effet du bakchich et des passe-droits dont les tenants et les aboutissants ont, à plus d'un titre, été tirés au clair par les enquêteurs. Au jour d'aujourd'hui, l'emploi est menacé. Si la fonction publique ne recrute pas faute de budgets, les entreprises créées dans les dispositifs de soutien à l'emploi des jeunes ne travaillent pas faute de marché. La chute brutale des cours du pétrole en est la principale raison. Plusieurs secteurs, collectivités et municipalités ont revu leurs copies en minimisant au maximum les dépenses tout en limitant les projets...de développement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AïT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com