
Une série d'ateliers d'expression féminine a été organisée du 4 au 6 août à Oran, à l'initiative des membres du collectif artistique Awal, avec la participation de Marie-Thérese Martinelli (France), représentante européenne du réseau «La marche mondiale des femmes», ainsi que Farida Gourmala, fondatrice de l'Atelier du scribe à Toulouse, et qui a souvent prêté sa plume aux femmes.Cet événement a été clôturé, dimanche en fin d'après-midi, avec une conférence animée par plusieurs intervenantes, notamment Yamina Rahou, chercheure au Centre de recherche en anthropologie culturelle (Crasc). La conférencière a insisté sur l'autonomisation de la femme et son intégration économique, en soulignant les progrès réalisés en Algérie. «Il y a des acquis dans le droit des femmes en Algérie (?) la situation a changé puisque, par exemple, nous assistons plus à des mariages d'amour, tout comme l'alphabétisation et les taux de réussite scolaire et universitaire chez les femmes. Mais il ne faut pas se leurrer, car la violence à l'égard des femmes, la discrimination et l'exclusion sont aujourd'hui le résultat du système capitaliste mondial, en plus de nos contradictions locales et de notre héritage historique», a-t-elle averti dans son intervention, qui était surtout d'ordre pédagogique face à une audience jeune et en rupture avec les luttes féministes menées auparavant à Oran et dans le pays. En effet, ces ateliers sont organisés par les jeunes et talentueuses Zoulikha Tahar (alias Toutefine) et Manel Benzzeghoud (Sam), membres du collectif Slam Awal, qui a créé un espace d'expression au sein de l'association Civ.?il, qui met à leur disposition la galerie du même nom et où se sont déroulés les ateliers.La conférence a été organisée juste à côté, au siège de l'association Bel-Horizon, et la plus jeune participante avait à peine quatorze ans. Toutefine et Sam sont conscientes du combat qu'elles mènent et elles sont à même de lancer une nouvelle vague de féminisme à Oran. En effet, leurs chansons dénonçant tous les types de violence, la discrimination et le harcèlement reçoivent une bonne audience sur les réseaux sociaux et leur créativité conjuguée aux actions associatives leur permet de rassembler de plus en plus de personnes autour des questions des droits des femmes dans une approche qui parle plus aux jeunes de leur génération.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Redouane Benchikh
Source : www.elwatan.com