Oran - A la une

Des alternatives plus rentables Gaz conventionnel, hydrocarbures littorales et off-shore, énergies renouvelables



Les hydrocarbures étant l'épine dorsale du système économique du pays, M. Moussa Kacem, géologue et professeur à l'université d'Oran, également expert en mines et carrières, regrette que les autorités n'aient pas privilégié des hydrocarbures alternatifs plus sains et dont l'Algérie dispose, notamment les hydrocarbures du littoral, ou encore les hydrocarbures off-shore.
«Des gisements ont été forés dans plusieurs points sur la côte, à Oran, Alger, Mostaganem et leurs environs et un gisement très intéressent a été découvert à Tlemcen.
Aussi, des investigations concluantes concernant la présence de quantités considérables d'hydrocarbures off-shore ont été menées, notamment par le biais d'entreprises chinoises», affirme le professeur. Ce dernier n'a pas manqué de préciser qu'il reste également beaucoup de zones à explorer dans le Sahara, ce qui offre encore plus de possibilités de découvrir de nouveaux gisements de gaz conventionnels.
Autant d'alternatives auxquelles s'ajoutent aussi les énergies renouvelables, notamment l'énergie éolienne ou solaire. Cette dernière option est la plus plébiscitée par les spécialistes et les militants écologistes. Selon le
Pr Kacem, «la production d'énergie solaire nécessite certes des équipements adéquats et même de l'eau, mais comparée à l'exploitation du gaz de schiste, en termes de rentabilité et de préservation de l'environnement, le choix est très facile à faires. Un point appuyé par le Pr Abderrahmane Mabtoul pour qui l'avenir appartient aux énergies renouvelables. Les coûts de ses dernières, notamment de la production de l'énergie solaire, ne seraient pas un obstacle.
Des centrales hybrides produisent de l'électricité en utilisant le gaz naturel et de l'énergie solaire, comme l'unité de Hassi R'mel, qui utilise 80% d'énergie solaire et 20% de gaz, permettent de réduire les frais, cite en exemple le Pr Mabtoul. D'ailleurs en matière de rentabilité, le gaz de schiste ne serait pas à louer.
Sa rentabilité économique dépend «de la croissance de l'économie mondiale et de son modèle de consommation, de la consommation intérieure, des coûts d'extraction et du transport, des concurrents et des énergies substituables», explique
le Pr Mabtoul, qui précise : «La révolution du gaz non conventionnel fera des Etats-Unis à horizon 2020 le premier exportateur mondial.
Il souligne aussi qu'il sera difficile pour l'Algérie de faire face à la concurrence internationale, notamment avec l'arrivée de la Chine qui détient les premières réserves mondiales de gaz de schiste. Moins rentable dans le futur, l'Algérie n'aurait également pas intérêt à l'exploiter maintenant - une commercialisation dès l'année prochaine étant possible selon le Pr Mabtoul - et ce, en raison des cours actuels du gaz de schiste.
Vendu 4 à 5 dollars l'unité sur le marché américain, il ne profitera à l'Algérie que s'il est vendu à 14 dollars au minimum. Le spécialiste ajoute que pour avoir «1 milliard de m3 de gaz, il faut 1 million m3 d'eau douce. Pour la même quantité de gaz, il faut environ près de 150 puits, dont la durée de vie est de 5 ans et qui ne récupéreront que 20 à 25% de gaz piégé dans la roche».
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