Oran - A la une

Derrière les gratte-ciels, une autre vie Le film émirati l'Ombre de la mer projeté à Oran



Derrière les gratte-ciels, une autre vie Le film émirati l'Ombre de la mer projeté à Oran
Nawaf Al Janahi est le cinéaste émirati le plus connu sur la scène internationale. Il est à Oran pour accompagner son deuxième long métrage, Dhilou al bahr (L'Ombre de la mer), en compétition officielle au Festival d'Oran du film arabe (FOFA).Oran.
De notre envoyé spécial

Le film a été projeté, samedi soir, à la salle Maghreb. Il n'y a pas de gratte-ciels, pas de mall, pas de grandes rues dans ce film. Dubaï et ses lumières sont loin. L'histoire se déroule dans un quartier pauvre à Ras Al Khaïma, situé en bordure de mer. Mansour (Omar El Malla) et Sultan (El Hamad Abrar, comédien irakien), deux adolescents, tentent de découvrir ce qu'est l'amour. L'amour ' «Tout se congèle en toi, sauf ton c'ur», dit Sultan. Le c'ur de Mansour se scinde en deux entre Khaltam (Nevine Madhi, actrice syrienne), une orpheline, et Oweisha (Mériem Hussien, actrice irakienne), une séductrice rêvant de jours en rose, bercée par les chansons de Abdelmadjid Abdullah. Que faire ' Mansour est partagé mais semble «pencher» vers Oweisha. Il lui offre un parfum, puis se déplace à Dubaï pour acheter l'œuvre complète de l'auteur Ya taiba el galb. Cela est le côté jardin.
Côté cour, Khaltam vit un drame en intérieur avec un père écrasé par le chagrin après la perte de son épouse. Un père froid. Le père malmené est une thématique récurrente du cinéma arabe ces dernières années. Manière peut-être de contester l'autorité. Dans L'Ombre de la mer, le jeune Nawaf Al Janahi tente d'équilibrer son récit à travers le père de Mansour, un homme jovial, plutôt complice de son fils, mais... handicapé.
Dans le quartier, il y a la rivalité entre garçons et il y a le vice que semble représenter un coiffeur pédophile. Cela est à peine suggéré. La mer bleu turquoise est là comme une fenêtre sur le monde, rappelle l'existence d'autres horizons. Mansour s'y rend lorsqu'il est envahi par le spleen. Et les hésitations. Il n'y a donc pas que l'univers clos des traditions, des amours réprimées et des désirs éteints.
Mais où est donc passée «l'ombre» de cette mer ' Et puis, la mer a-t-elle une ombre ' Le film de Nawaf Al Janahi puise sa force dans le scénario bien écrit de Mohammed Hassan Ahmed, dans la prise de vues impeccable et dans le jeu naturel des acteurs. Il y a aussi le courage d'un cinéaste qui ose affronter les pesanteurs d'une société accédant lentement à la modernité malgré les signes extérieurs de progrès. Le drame social est bien mené à travers le regard de deux jeunes qui croient à la possibilité d'un amour tenu en otage par le poids de l'interdit et de l'hypocrisie. D'où l'idée d'un conflit, probablement entre deux générations, sur le lieu. La mer est là pour marquer le passage à l'extérieur : l'évasion ou la délivrance. Bref, L'Ombre de la mer est une invitation à chercher d'autres espaces, d'autres manières de vivre.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)