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Derrière la querelle des élus : La politique de gestion reste à revoir à Aïn El Turk



A Aïn El Turk, de l'avis de plusieurs spécialistes, au-delà des querelles entre élus, c'est tout un mode de gestion qu'il faut revoir en profondeur pour un développement durable et harmonieux de cette agglomération pourtant particulièrement réputée.«Les textes ont tout prévu car en cas de blocage, c'est l'autorité administrative qui a la prérogative de signer le budget», rassurait, lundi dernier, le maire de Aïn El Turk, Abdenour Smara, en réaction à la situation qui prévalait au sein de l'assemblée qu'il préside.
En effet, comme si c'était prémonitoire, cette assemblée vient juste, apprend-on hier, d'être gelée sur décision de la wilaya. Cette APC était en proie à un conflit persistant entre élus et au sein même de la quasi-majorité FLN.
La prochaine réunion pour l'adoption du budget primitif était prévue pour ce début janvier mais, ici, on était déjà sceptique quant à la présence des frondeurs. Ceux-ci accusaient l'actuel maire, entre autres choses, de bloquer les initiatives. «Ils disent que je ne les laisse pas travailler, mais moi je défie quiconque de venir apporter la preuve que j'ai à un moment ou un autre bloqué un projet d'utilité publique», lançait le P/APC avant d'ajouter : «J'ai effectivement bloqué les salaires des élus qui ne viennent pas travailler car je ne vois pas pourquoi on sanctionnerait des travailleurs défaillants et pas les élus», a-t-il estimé en revanche. Les incidences sur le bon fonctionnement des services de l'APC étaient réels car en effet, les travailleurs, parfois utilisés comme moyen de pression, ne savaient plus où donner de la tête.
Quoiqu'il en soit, la wilaya a déjà dépêché une commission pour étudier la situation de près et voir comment intervenir pour régler le problème, apparemment en vain. «J'ai déjà eu l'enquête de la Cour des comptes dont les conclusions me sont, me semble-t-il, favorables car je n'ai rien à me reprocher et je reste aussi serein dans l'attente du rapport de la commission de wilaya», confiait pourtant alors le même P/APC qui ne cachait pas, par ailleurs, les difficultés financières auxquelles l'APC fait face pour satisfaire tous les besoins exprimés.
Néanmoins pour nombre de citoyens, le problème de Aïn El Turk ne peut pas se limiter à une querelle entre élus. Le problème est beaucoup plus ancien, plus profond et dépasse parfois les compétences de la simple assemblée communale, Aïn El Turk étant également chef lieu de daïra. Des abus ont été commis et une véritable anarchie a caractérisé son développement urbain. «On ne tient pas compte de l'avis des spécialistes et ce qui me désole c'est qu'on n'a pas cessé de commettre les mêmes erreurs», tranche un citoyen qui requiert l'anonymat.
Un «vieux de la vieille», ironise-t-il, et qui reste au fait de la vie politique locale en ayant en plus l'avantage d'avoir habité sur place depuis la période coloniale. Il nous montre des constructions agglomérées jusqu'à grignoter sur le trottoir au point de toucher les poteaux électriques mais, plus pertinent, des carcasses de maisons relativement nouvelles érigées au bord de l'eau malgré la promulgation de la dernière loi du littoral (2002).
Au niveau de Trouville, la falaise existante aurait pu donner lieu à la réalisation d'un petit front de mer.
Il n'en est rien. Le mur de protection longeant la route est effondré par endroits mais des travaux de confortement de la falaise sont en train d'être réalisés. «Vous voyez bien cet empilement de pierres tenues par une grille métallique comme on le fait pour consolider certains endroits des routes de campagne, c'est inadéquat et il aurait fallu l'avis des spécialistes dans le domaine maritime», déplore le même citoyen qui nous montre également le début d'ensablement du débarcadère (réalisé en 2017) qui accueille en été la navette entre Oran et la Corniche et aménagé sur la plage les Dunes, à l'autre bout de la baie de Aïn El Turk.
En effet, et c'est déjà visible, avec le temps, le sable commence à s'accumuler de part et d'autre le long de l'allée sur pilotis reliant le quai (au milieu des eaux) à la sortie de la plage. Alors, querelle ou pas, c'est tout un mode de gestion qu'il faut revoir en profondeur pour un développement durable et harmonieux de cette agglomération pourtant particulièrement réputée.
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