
La récurrence d'événements sanglants à Ghardaïa devient un fléau qui interpelle toute la société et les forces vives de ce pays. Une partie du peuple algérien est régulièrement agressée, déstabilisant toute une région avec le risque que le phénomène fasse tache d'huile. Bizarrement, le pouvoir donne l'impression de ne pas trop prendre au sérieux la situation ou se montre incapable d'y faire face. Le citoyen commence même à s'interroger sur la passivité des autorités et sur l'absence de rigueur dans la gestion. Pourquoi le pourrissement est-il en train de s'installer ' Il faut remonter au lendemain de l'indépendance pour comprendre ce qui se passe actuellement.L'armée des frontières avait envahi le pays, démantelant le GPRA qui avait été créé sur des bases réellement démocratiques.A partir de ce moment, Ben Bella avait imposé au peuple algérien le FLN et la pensée unique. A partir de ce moment, toute voix discordante était sévèrement réprimée. L'intolérance s'était installée et elle fait des dégâts jusqu'à ce jour. La communauté ibadite, entre autres, qui ne fonctionnait pas selon des critères imposés par la dictature benbelliste, était devenue une cible stigmatisée par l'intégrisme rampant qui s'installait. La morale et l'instruction civique ont été éliminées des programmes de l'enseignement. Le racisme, le rejet de l'autre, le régionalisme se mettent à gangrener la société.N'a-t-on pas vu l'actuel chef de l'Etat insulter publiquement les Kabyles ' «Je vous prenais pour des lions alors que vous êtes des chats», avait-il dit lors d'un meeting à Tizi Ouzou. «En mon absence, les gens des autres régions vous ont dévorés», s'adressant aux Oranais. «Vous êtes meilleurs que les gens du Nord», avait-il déclaré à Tamanrasset, semant ainsi les germes de la division. Aujourd'hui, les Algériens baignent dans un climat total d'intolérance. Même les mosquées n'échappent pas à la règle. Tous les vendredis, des prêches enflammés sont prononcés contre les Juifs, rappelant le discours sinistre des nazis. Aucun législateur n'a pensé à introduire des lois pour combattre toutes ces dérives, alors même que la Constitution les interdit.C'est dire que la société algérienne est malade. Le système l'empêche d'évoluer et de se développer dans la sérénité pour être au diapason avec les nations modernes. «Diviser pour régner» semble être le credo permanent du pouvoir.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tayeb Belghiche
Source : www.elwatan.com