On l'appréhendait vraiment, le Ramadhan de cette année. Tout le monde ou presque avait fini par dire que, finalement, il y a plus sacré que le mois sacré : la vie. Mais il y avait quand même beaucoup qui posaient la question qui fait peur : mais comment on va faire avec le jeûne au temps du coronavirus ' Comme toute question qui n'en est pas une parce que c'est surtout un commentaire, celle-ci n'appelait pas vraiment de réponse. Quand il y en a une qui vient, comme par une inadvertance, ça se voit tout de suite que c'est un autre commentaire. Et quand il y en a plusieurs, ça devient une polémique. Nous voilà déjà dans un délire de mauvaise philosophie. Mais à une heure de l'après- midi pour un matinal clinique, tous les délires sont permis. Ramadhan ou pas, corona ou avant ça et après cela, un matinal ne change pas. Mais vendredi, c'était le premier jour du mois sacré et le énième du confinement plus, beaucoup plus sacré. Comment on va faire ' Les perspicaces visionnaires avaient « promis » que personne parmi les accros ne renoncera à sa partie de dominos du soir. Pourquoi commencer par ça ' Parce qu'il faut bien commencer. Il n'y a jamais eu de pandémie de coronavirus avant mais il y a eu des Algériens depuis toujours et des dominos depuis que les ancêtres d'Erdogan sont passés pour nous livrer sans gloire à nos ancêtres les Gaulois. C'est fou, ce que les Turcs nous ont fourgué comme logistique du Ramadhan : dominos, kalb ellouz, baklaoua, de belles mosquées? La totale, le kit complet du déconfiné qui défie la mort parce que dans leur prolongement, on a aussi appris que tout est « écrit ». D'abord parce que personne ne s'est allongé pour attendre de clamser. Ensuite parce que tout n'est pas écrit : il y a des choses parlées, des choses filmées, des choses peintes, d'autres photographiées, sans compter toutes les autres qui sont tues. Alors, au premier jour, les Algériens se sont passés de dominos pour plein de raisons dont celle-ci : c'est le couvre-feu à l'heure des dominos. Et puis celle-là : pour jouer aux dominos, il faut des cafés et ils sont fermés. La vie est simple : quand on se pose les bonnes questions, les bonnes réponses ne sont jamais très loin. Zlabia, ah zlabiat Boufarik, il paraît qu'on ne peut pas s'en passer aussi, quand on vit dans un rayon de 100 kilomètres ou un peu plus de la ville des oranges. Pourquoi on va à Boufarik chercher la zlabia au lieu des? oranges ' C'est un commentaire philosophique et la philosophie donne soif. Boufarik, c'est aussi Blida. Pourquoi à Blida, le coronavirus a remplacé les roses ' Mauvaise question et fatalement mauvaise réponse. A moins que ce ne soit un mauvais commentaire qui esquisse une mauvaise polémique : il y a et il y aura toujours des roses dans la ville des roses et le corona sera vaincu. Il y a une vie sans dominos et sans zlabia, les oranges sont toujours succulentes et Boufarik belle comme la vie.S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com