Cette info nous vient de la capitale de l'Ouest, Oran, la ville-passion. D'emblée, je devrais dire que le ridicule doit être à même de tuer ; de cette manière, il y aurait une hécatombe ; et je m'en réjouirais. Je l'avoue brutalement, car l'info qui nous vient d'Oran, je ne l'invente pas, est d'un ridicule absolu. Un proviseur de lycée aurait renvoyé une élève au motif que ses cheveux étaient bouclés. Je n'ai pas inventé cette histoire. Non, c'est la réalité. Maintenant, s'il s'agit d'une rumeur, d'un ragot, d'un fake, là, je donne ma langue au chat. Et je dis mea culpa.Je reprends le fil de l'histoire. J'avoue que je me suis marré, au début seulement. Une lycéenne boucle sa chevelure, son proviseur la renvoie illico. Ou je n'ai rien compris au schmilblick, ou ce proviseur (à mettre au Guinness Book) a un problème de cheveux. Des problèmes capillaires, autrement dit. Aussi, je lui conseille l'excellent roman de Lynda Chouiten, Le roman des Pôv'cheveux, édition El Kalima, 2018. Ce n'est pas un traité capillaire, non. Ce proviseur n'en a pas besoin. C'est un roman, tout ce qu'il y a de plus romanesque. Cet éducateur (!) verra qu'un cheveu, ça compte. Et qu'il est inutile de le couper en quatre !
Sincèrement, j'aimerais le rencontrer, notre inénarrable proviseur. S'il n'avait pas existé, il aurait fallu l'inventer. J'ai l'impression de me trouver dans une autre dimension. Cette histoire a-t-elle eu lieu, vraiment ' A-t-elle existé ' Ce proviseur, existe-t-il, pour de vrai ' Et moi, est-ce que j'existe, en qualité de chroniqueur ' Oui, oui, je voudrais lui offrir un thé à la menthe. Et bavarder un moment avec lui. Juste bavarder. Qu'il m'explique comment lui est venue l'idée de renvoyer une jeune fille, dont la coupe choisie est afro ' J'offre, naturellement, le thé. À partir du Soir d'Algérie, je lui lance l'invitation. Mieux encore, je lui propose un entretien ; on passera en revue les différents types de cheveux. Mieux encore, je lui offrirai le roman de Lynda Chouiten, avec une dédicace en bonne et due forme. Cette « noukta » d'une dimension autre me rappelle une autre anticipation. Du côté de Bouzeguène, un proviseur de lycée renvoie une lycéenne, au motif que son habit n'est pas convenable. Je vois d'ici des yeux s'arrondir. Il s'agissait, tout simplement, de l'habit traditionnel kabyle. Rien de plus, rien de moins. Oui, oui, avec la « fouta » de nos grands-mères. Mon ami ne m'avait pas précisé, à l'époque, si cette lycéenne s'était parée des bijoux d'Ath Yenni. Puis, l'histoire ne retient pas ce détail. Bref, cette demoiselle, traditionnellement vêtue, reprit le chemin de la maison. Devinez ce qui arriva le lendemain ' Toutes les lycéennes se présentèrent au cours, habillées de l'habit traditionnel de la région.
Supposons, un moment, que les lycéennes oranaises avaient fait de même : partir en classe, coiffées comme leur camarade. Qu'aurait fait le proviseur ' Je sais ce qu'avait fait celui de Bouzeguène : il n'a pas bougé le petit doigt. C'est dire que, parfois, le zèle de certains le disputent à un ridicule qui, encore, j'insiste, devrait tuer. Occupez-vous de votre lycée. Faites votre boulot de proviseur ; vous n'êtes la conscience de rien du tout.
Je ne vais pas, tout de même, consacrer cette chronique au cheveu, au tif, au poil, aux différentes coupes de cheveux et de barbes. Chacun fait comme il l'entend. Cette ado se trouve belle avec une coupe bouclée, grand bien lui fasse ; où se niche donc le problème, sinon dans le cerveau tourmenté de certains gens, mus par un instinct débridé, qui considèrent que le pouvoir de leur fonction est totalitaire. Il faut bien que je tartine sur autre chose. Tiens, par exemple, cette info pompée du «Radar» de Liberté du 22 novembre qui nous apprend que « la courroie de l'ascenseur attend depuis cinq ans ». Aussi, il n'est pas bon d'habiter, en ce moment, la cité AADL d'Ouled-Fayet. L'ascenseur en question est en stand-by, à cause d'une banale courroie. Il faut diligenter une enquête, afin de tirer au clair cette histoire. A moins de parler de cette photo qui illustre un article sur Si Mohand U Mhand ' Qui est donc ce personnage sur la photo en question ' Est-ce réellement le visage du barde errant, ce prince des poètes ' J'en doute fort. Ayons un peu de bon sens, laissons Si Mohand à son mythe !
Par contre, je dois impérativement dire un mot sur le passage de notre ministre de la Santé sur la Radio nationale. Je me base sur les comptes-rendus de mes confrères de la presse. Il y a, comme ça, quelque chose qui m'échappe. Ce n'est pas un problème de sémantique. Qu'est-ce qu'un « seuil admissible » dans la bouche du ministre ' Je veux bien qu'un esprit plus averti que le mien puisse m'expliquer. Il n'y a pas de « seuil admissible », quand il s'agit de la lutte contre ce maudit virus. Je comprends que le ministre de la Santé veuille rassurer la population sur nos capacités à réagir à l'épidémie. D'accord ! Tout va bien, alors ' Ihi, on jette nos masques, on défonce les barrières de protection, on revient aux bousboussates, on reprend nos tapes sur l'épaule, on remplit, à ras bord, les cafés et on arrête de se mettre du gel, à tout bout de champ. Malheureusement, ça ne marche pas de cette manière. Il faut, à un moment donné, dire la vérité au peuple. Quel est l'état de nos structures de santé ' Y a-t-il assez d'effectifs ' Y a-t-il assez de tests ' Où en sommes-nous avec la stratégie d'une possible future vaccination contre la Covid-19 ' À partir de là, le citoyen prendra de son côté les mesures nécessaires ; en attendant, le virus fait encore son sale boulot, sans tenir compte d'un éventuel « seuil admissible. »
Je ne sais pas si je dois parler de l'intervention de Macron ou de la commission de discipline du FLN. Je suis dubitatif. Que Macron intervienne, à sa façon, ne me fait ni chaud ni froid. Il s'agit d'un hors-jeu politique de sa part. Boff ! Qu'il en fasse autant qu'il veut ! Ce n'est pas mon souci de la semaine. J'ai, dans la tête, un paquet d'arias. Perso, je laisse dire Macron. Qu'il vide son sac ! Ce n'est pas une raison valable, à mes yeux, pour piquer une crise de nationalisme aiguë. Ceux qui l'ont fait, grand bien leur fasse ; c'est leur problème. A mon sens, il y a autre chose à se mettre sous la dent ; comme dégoter un vaccin antigrippal.
Et si le FLN souhaite passer en conseil de discipline Si Flen ou Si Feltane, c'est leur cuisine interne. Je ne suis pas adepte de cette cuisine-ci. Mes plats préférés sont ailleurs. Autant dire que je m'en balance royalement de cette info. Les journaux, qui ont balancé la nouvelle, ont juste loupé l'occasion de parler de choses sérieuses. Car le conseil de discipline de l'Histoire, lui, attend de pied ferme ce parti.
Y. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Youcef Merahi
Source : www.lesoirdalgerie.com